ANCIENNE LinnAiniE GERMEU DAILLIÈRE ET C‘'-' FÉLIX ALCAN, ÊDITEUR LES MALADIES DE OUVRAGES DU MÉME AUTEUR TÉ LA VOL mémoire, Gc cdilion. 1 vol. iii-18 dc Ia Uiüliothòque de philosop/ne contemporaine. pcrsoiiiiaiité, 3" údition, I vol. in-l8 de Ia Hiòliothequo de philosophie contemporaine. 2 fr. oO La psychoiotfic dc ratfeiitiou, 1 vol. in-iS de la fiiOliotIiógue (le pliilosophie contemporaine. 2 fr. 50 aiiglaisc canleinporaiiic. 3® édilion, 1 vol. in-8 dc Ia Ihbliolhèf/ue de pkilosophie contemporaine. 7 fr. 50 aUeiiiaiulc contemporaine, 2® cdilion, corcoZnpSe ' de philosophie ‘ ● 7 fr. au L’liC‘rc<1it(í 2 fr. 50 PAR TH. RIBOT PrnfcsíCiir nu CoUòpc dc France, Dirccleur do la philosophique. Iv in-8dcrT*R?r!rf■'*"?’ K enuèremeiu rofondue, 1 . in 8 dc Ia Bibhothèquc de phüosophie contemporaine. Sc«‘opcuUaucr. 2« la Ihblioihéque de philosophie 7 fr. 50 édilion, i vol. in-18 dc 2 fr. 50 contemporaine. SIXIÈME ÉDITION de philosophie conlemptalT""^ Bibliot^g^^o Revnc flirigée* par” *f* I^rancc ct dc rélranscr, 1" janvier 187G* ”^0Ís depois le 30 fr. ’ aunóc forme 2 vol. grand in-S. '^bormements, im an : Paris, 30 fr.; départements el élranger, 33 fr. PARIS ANCILNNE LinUAIlílE GlíRMER BAILLIÉRE ET 0° FÉLIX ALCAN, ÉDlTEUR 108, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 108 f '●oulommlcrs. 1889 ●mp P. ünoüAnu Cl Galioir. Tous (Iroils róscrvés.
LES -MALADIES de LA VOLONTÉ INTRODUCTION Durant ces dernières années, plusieurs teurs, surtout aTétranger, ont exposé en détaü cerlaines parties de Ja psychologie d’api'ès le príncipe de révolutiou. II m’a semblé qu’il v aurait quelque profit a traiter ces questions dans le môme esprit; mais sons une autre forme ccHe de Ia dissoluHon, Je me propose donc dans ce travail d’essayer Pour ]a volonté ce que j’ai fait précédemment Pour la mémoire, d’en étudier les anomalies et üe tirer de celte éíude des conclusions sur Pétat normal A beaucoup d’égarcls, la question est ^oins facile : le terme volonté dési eiiose plus augne une vague que le terme mémoire. Que considere Ja mémoire comme une foncRibot. l’on VoloQtÓ, 1
2 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ INTRODUCTION 3 tion, une propriété ou une faculté, elle n’en | reste pas moins une maniòre d‘être stable, une j disposition psychique sur laquelle tout le monde | peut s’entendre. La volonLé, au conlraire, se résouten volitions dont chacune est un momenL une forme instable de Tactivité, une resultante j variant au gré des causes qui la produisent. I Outre cette première difficultéj il y en a une ! auíre qui peut paraitre encore plus grande, mais | dont nous ndiésiterons pas à nous débarrasser sommairement. Peut-on étndier Ia pathologie j de la volonté, sans toucher à Tinextricable pro- ' blème du libre arbitre ? Ici, nous n*avons rien de pareil à íentcr. L’expérience interne et externe est notre seul objet; ses limites sont nos limites. Nous prenons les volitions à titrc de faits, avec leurs causes immédiates, c'est-à-dire les motiís qui les produisent, sans rechercher si ces causes supposent des causes à Tinfini ou s’il y a quelque spontanéité qni s’y ajoute. La question se trouve ’ ainsi posée sous une forme également acceptable pour les déterministes et leurs adversaires, conciliable avec Tune et Tautre hypothòse. Nous espérons d’ailleurs conduire nos reclierches de telle maniòre que Tabsencede íoute solution CG point ne sera pas meme une seule foís niarquée. J'essayerai de montrer au terme de cette étude que, dans tout acte volontaire, ii y a deux éléments bien distincts : « Jeveux Cette abstention nous j parait possible et même nécessaire. Elle s’im- i pose non par timidité, mais par méthode. í Gomme toute autre Science expórimentale, ia ; psychologie doit rigoureusement s'interdire | toute recherche relative aux causes premières. j Le problème du libre arbitre est de cet ordre. ' L’un des grands Services de la critique de Kaní ! et de ceux qui 1’ont continuée a été de montrer que le problème de la liberté se réduit à savoir ! si Ton peut sortir de Ia chaíne des effets et des ' sur rei’état de conscience, le qui constate une situalioa , . . mais qm n a par lui-môme aucune eílicacité; et un mécanisme psychophysiologique très complexe, en qui seul reside le pouvoir d’agir ou d’empêcher. Lomme cette conclusion générale ne peut être que le résultat de conclusious partielles fournies la pathologie, j^écarterai provisoirement uans cette introduction toute causes pour poser un commencement absolu. Ce pouvoir, « qui appelle, suspend oubaiinit, » comme le déíinit un contemporain qui Ta profondéraent étudié ne peut être aflirmé qu’à la condition d’entrer dans la métaphysique. i. fíeuouvier, Essai de criligue génóvale, 2^ édiliou. 39. ^ . vue systématije me bornerai à étudier la volonté dans ■^‘1 double mócanisme ddmpulsionet darrôt, et sa source, — le cavaelère individuel, —
INTRODUCTION 5 4 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ négligeant tous les détails qui n’importení pas à notre sujct *. simple auquel se réduisent les combinaisoas et complications de Tactivité volontaire la plus haute. Le nouveau-né n’est, comme l’a défini Yirchow qu’un être spinal. » Son activiíé est purement réflexe; elle se manifeste telle profusion de I par une . niouvements que le íravail ue 1 education consistera pendant longtemps à en supprimer ou à en restreindre le plus erand nombre. Cette diffnsion des réflexes, qui a sa raison daus des relalions anatomiqnes, traduit dans toute ?a simplicité la transformation des escitations en mouvements. Qubls soicut scients ou qu’ils éveillent un rudiment de aoüvité vo^onr-^^^ représentent une “Sr■ .rs«l.é el té í.é,6d°ré’r. Ss2"S Le príncipe fondamental qui domine la psychologie de la volonté sous sa forme impulsive, à l’état sain comme à Tétat morbide^ c’est que tout état de conscience a toujours une tendance à s’exprimer, à se traduire par un mouvement, par un acle. Ge príncipe n’est qu'uu cas parti- : culier, propre à la psychologie, de cette loi fon- | damentale : que le réflexe est le type unique de ; toute action nerveuse, de toute vie de relation. | A proprement parler, Tactivité dans Tanimal | n’est pas un commencement mais une íin, une | cause mais un résultat, un début mais une suite. G’est là le point le plus essentiel qu’il ne faut jamais perdre de vue et qui seul explique l^- physiologie et la paíhologie de ia volonté, parce que cette tendance de Tétat de conscience à se dépenser en un acte psychologique ou physiO" i logique, conscient ou inconscient, est le fait | conconLe désir : l’éíat réflexe dons de la marque une étape ascendante par désir lel? ^“lontaire. Nous entenintense, qui les de se 1. On troiivera dans le livre récent de Sclmeider: Der Entwickelungstlieonen> í\ Ictat pas des chliche Wille vom Stanpunkle der Berlin, 1882, une bonne mouojraphic de la volonté, à normal et du point de vue de révolmion. Nous regreUons n’en avoir eu connaissance que quaud ce travail était a P prês achcvé. 7icucren giqiiement, conscience, souvent accompagne. Leur de ten-
1 7 G LES ÍÍALADIES DE LA VOLONTE dance a se traduire eu actes est iniinécliate et irrésislible, comme celle des réílexes. A 1’état naturcl et íant qu’il est encore pur de tout alliage, le dósir tcnd ;i se satisfaire immcdiatement; c’est là sa loi, elle est iiiscrite dans l’organisme. Lcs peüís enfants, les sauvages en fournÍPscntd'cxccllonls exemplos. Chez ladulte, le désir n’est plus à Tótat naUirol; 1 oducation, ]’haljitude, la réílexion le mutilcnt ou le refrènent. Mais souvent il reprend ses droits,' et riiistoire nous monlre que, chez les despotes que Icur opinion et celle des autres placent audessus de toute loi, il les garde toujours. La patliologie nous fera voir que cette forme d’activité auginente quand la volonté faiblit) persiste quand elle disparait. Elle marque cependant uu pmgròs sur la première périodei parce qu’elle dénote un comniencement d’ii?dividualité. Sur le fond spécifique, les désirs dessinent vaguement le caractòre individuel; ils reflòtent la façon de réagir d’un organisme particulier. Dès qu une somme sufíisante d’expériences ^ permis à rintelligence de naitre, il se produit une nouvelle forme d’activilé, pour laquelle 1 épithète d idéo-motrice estla plus convenable? les idóes étaní causes demouvements. Elle a de plus Tavantage de montrer sa parenté avec les réflexes, dont elle n’est qu’un perfectionnemeuL INTUODUCTION Comment une idée peut-elle produire un mouvement? G’est là une question qui embarrassait fort Tancienne psychologie, mais qui devient simple, quand on considere les faits dans leur vraie nalure. G’est une vérité maintenant courante dans la physiologie cérébrale que la base anatomique de tous nos états mentaux: comprend à la fois des élémeuts inoteurs et des éléments sensitifs. Je n’insistcrai pas sur une question qui a élé traitée ailleurs cn détail* et qui entrainerait une digression. Rappclons siniplementque nos perceptions, en particulier les importantes,^ celles do la vue et du toucher, impliquent à tilre d’éléments intógrants des mouvements de rceil ou des membres; et que si, lorsque nous voyons réellement niouvement est un élénient jouer le même rôle, quand nous vovous l'obiet dealement. images et les idées, même abdan lea^èf sul^stratum anatomique dans lequel les mouvements sont représentés en une mesure quelconque l , les uns inlrinsequos, les un objet, le essentiel, il doit de ractivitó commun !● flevue Philosophigue, octobre 1879 p. 371 et suiv.
8 9 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ INTRODUCTION nement essentiel, tout deviení clair, et les diííicultés faclices disparaissent. Ceei admis, nous pouvons classer grossiòrement les idécs en trois groupes, suivant que leur tendance à se Iranslbrmer en acte est forte, modérée, ou faible, eí même, en un certain sens, nulle. 1“ Le prcmier groupe coniprend les états intellecLuels, extremement intenses (les idees fixes pGuvent servir de type). Ils passent à 1’acte a-vec une falalité, une rapiditó presque égales à celles des refloxes. Cc sont les idées « qui nous foiiclient Un fait d’expérience vulgaire, langage que rinlclligence n agit sur la volonte Que par rintermédiaire de la sensibilité. En laissant do còté ces entités, cela signific que Télat nerveux qui correspond à fi autant micux en niouvement, qu’il est aceompagne de ces autres états nerveux (quels qu ils soient} qui correspondentà des sentiments. Gelte traduetion faite, on coniprend pourquoi, dans le cas actuel, nous sommes si pres de la pliase precedente, pourquoi Faction nerveuse est plus énergique, agit sur plus d’élénients. La plupart des passions, dèsqu’elles dépassent le niveau du pur appétil, rentrent dans ce groupe eomnie principes d’action. loute la différence u’est qu’en degré, suivant que, dans le comautres extrinsòques. L’idée d’une boule, par exemple, est la résultante d’impres3Íons de faces et d ajuslements musculaires particuliers; mais ces derniers sont le résultat de la sensibi lité niusculaire et, à ce titre, sont des sensations de mouvement plutôt que des mouvements proprement dits : ce sont des éléments constitiitifs de notre idée plulòt qu’uiie maniere de la traduire au deliors. Touíefois^ cette relation étroite, établie par la pbysiologie entre ridée et le mouvement, nous laisse entrevoir comment Pune produit lautre. En réalité, uno idée ne produit pas un mouvement : ce serait une chose merveilleuse que ce changement total et soudain de fonction. Une idee, telle que les spiritualistes la définisseiit, produisant subitement un jeu de muscles. ne serait guère moins quun miracle. Ce n’est pas 1 état de conscience, comme tel, mais bien etatphysiologique correspondant, qui se transtorme en un acte. Encore une fois, la relation n est pas entre un événement psychique et un mouvement, mais entre deux états de mêmc nature, entre deux états physiologiques, entre deux groupes deléments nerveux, l’un sensitifi autre nioteur. Si Pon s’obstine à faire de la conscience une cause, tout reste obscur; si on la considère comme le simple aceompagnement d un piocGSSus nerveux, qui lui scul est PovésurUancienne psychologie, aHirmant disait dans son )). une idée se traduit 1.
1 11 10 INTRODUCTION été à Torigiiie acconipagiiées d uii sentiment de plaisir, de cunositéj etc. Maintenantle sentiment primitif s’est aHaibli^ mais le lien entre Tidée et í acte s’est établi; qiiand elle nait, il suit. 3° Avec les idées abstraites, la tendance au mouvement est à son mininium. Ces idées étaní des représentations de representations, de P^ys scliémas, des extraits fixés par un signe, 1 élément moteur s’appauvrit dans la niênie que rélément représentatif. Si Ton considere toutes les formes d’activité que nous venons de passer en revue comme des compUcations successives du rcflexe simple, on peut dire que les idées abstraites sont une ramification collatérale, faiblement rattachée au trone principal et qui s’est développée à sa manière. Leur ten dance niotrice se réduit à cette parole intérieure, si faible qu^elle soit, qui les aceompagnej réveil de quelque autre état de conscience. Car, de même qu’en pliysiologie la période centrifuge d’un réflese n’aboutit pas toujours à un mouvement, mais aussi bien à la sécrétion d’une glande ou à une action trophique; de même, en psychologie, un élat de conscience n’aboutit pas toujours à unmouvement, mais à la résurrection d’autres états de conscience, suivant le mécanisme bien connu de Tassociation. L’opposition sisouvent notée entre les esprils LES MALADIES DE LA VOLOXTÉ plexiis ainsi formé, les éléments aHectifs predominentou inversement \ 5° Le deusiòme groupe est le plus Important pour nous. 11 represente Tactivité raisonnable, Ia volonté au sens courant du mot. La conception estsuivie d’un acteapròsune délibération couile ou longue. Si bony réflécliit,on trouvera que la plupart de nos acLions se ramène à ce ype, educüon faite des formes précitées et des habiíudes.^Que je me lòve pour prendre [^*^dtre, ou que je m’engago pour devenir un jour général, il n’y a qu’une diíTés” ti nr " f'"’; devanf sp porlee, comme Ia dernière, sTmlslnP ^érie de volilions aux lieux adaptées aux temps et 11’est ni in ^3'tendance àl’acte conenm-f violente. L’état allectif Sfoin, 1 í^eaucoup des actions qm forment le tram ordinaire de nolre vie ont mesure ou au causes mouvemlít'“5^0011 ^ senliment comme patliologiques. II arrivp nn« élablie par cortains cas seiile incapable de Iq nrím,,; uiouvemeut est à elle produit. Uu homme rémoiioa s’ajoiilc, ü se eíTort de volonté Inrmv/^● P^ralysie nc peut par aucim a'agifer violeiuuient sons r taudis qu'ou le verm l’arrivée d’uu atuí Uans 1 d*uDe émotioQ caiisée épinière entrainant u 'f de la uiocli» adressée au inalade ''^■ysie, uue émotiou, uue queslio» dana les membres inr ■ des mouvemeiils plus violculs daction. ^^ifeneurs sur lesquels sa voloalé a’a pas
13 INTRODUCTION la transiiion d’une forme à lautre étant pies12 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ spéculatifs, qui vivent dans ]es abstractionS; et les gens pratiques, n’est que Texpression visible et palpable de ces diíTérences psycbologiqiies que nuus venons de signaler. Ilappelons encore, à titre d’éclaircissement, des vérítés banales : la différence entre connaitre le bieD et le pratiquer, voir l’absurdité d’une croyance et s'en défaire, condamner une passion et Ia sacrifier, Tout cela s’explique par la lendaiice motrice, extrômement faible, de Tidée réduite à elle-môme. Nousignorons les conditions analomiques et physiologiques nécessaires pour la naissance d’une idée absLraite, pouvons aílirmer sans lémérilé que, dòs qu’elle devient un molif d’action, d’autres éléments s y ajoutcnt : ce qui arrive chez ceux « qui se déTouent à une idée ». Ce sont les scatiraents seuls qui ruènent riiomme. que insensible. A dessein et poui n’avons pas examine le probleme dans plexilé. Nous avons même óhminc 1 im des éléments essenlicls, caractcnsliques, d° a lonlé. Tellc qu’on l’a consuleioc jusqu ci, el poun-ail èlrc déniúe : un acto conscient pl. s ou moins délibéré, en vue ° ’ complcxe, procho ou lomlame. C est ain.i que rain., icb r,™ Sl.mkl.y ol 1«= 1»' > la défiaissout « rexcilalion causuc pai d idées ). (impuise by ideas) ou bien « a reactioii moliice des sentiments et^ des idoe= Ainsi comprise, la volilion serait simplement un « laissL- faire Mais elle est tout autre cho=e lílle est aussi une puissance d cu i et, ou, pour parler la langue de la physiologie, uii pouvoir ^ 1 1 Pour la psycliologie fondee sur la seule observalion intérieure, cette disünclion entro permettro et cmpêcher a peu d’importance; mais pour la psycliologie, qui demande au mecaplivsiologique quelque eolaircissement les opcrations de Pesprit, - et qui Uent rcflexe pour le type de toute acUvite, elle est capUalo. , , , ,. .. Ladootrine courante admet quela volonte est ’ des raisons de clarlé, nous sa coramais noLis II s’en tenir à ce qui précède, raclivité volontaire nous apparait comme un moment dans cette évolution ascendante qui va du réflexe simple, dont la tendance au mouvement est irrésistible,à Tidée abstraite, oú la tendance à racte est à son minimum. On n’en peut íixer rigoureusement ni le commencement ni la fin. msmc sur raction
14 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ un fiat aiiquel les muscles obéissciit on ne sait hypolhèsGj il importe peu armf Ar ^ commande un rnouvement ou un lo£^ ^ous les physiotvne pMn 1 ^ réílexe est le qoent il ^ acUon, et si, par conséétat de cnn<;'' chercher pourquoi un qnoi iJ ne se tnns^^ expliquer pourla phvsiowl ? ^ Malheureusement, sions sur ce poinV íi obscurités et d’indéciou^^Sibiín '^'^P>^éno pneumo-gaSu/n “'■ P^’^ Pexcitation du pendaminent dp»' (indeest innervé par df^"f intra-cardiaques) «y^palhique m í ? du grand par des fdetjL ses battements, et dernier augSenteTp^' ^a seotioa de ce d>í bout cen^ri ® p “°^y®ments; rexcitation ou moins lon..temn, les siispend plus et rinhilM?o?f,; “n nerf d’arcomme le résulínr H’ considérée réílexe des ceTl L’activité suspendue par W o est ralentie ou Eu d'autres tenpes l'a r°"® du bulbe. “ogastdque se rl4n„ motrice du prieu- ' ^ ® dans les centres carINTRODUCTION 15 diaques en actixité et produit un arrêt. Tout ceci n a pas une portée psychologique immédiate; mais voici qui nous touche plus. G’estun fait bien connu que rexcilabilité re flexo de la moelle augmente, qnand elle est xSQustraite à raoüon du ccrveau. L’état des ani manx decapites en fournit des preuvcs frappantes. Sans recourir à ces cas extrèmes on sait que les réflexes sont bien plus intenses pendant le sommeil qu’à Tétat de veille. Pour expliquer ce fait, quelques autours ont admis danslecervcau des centres d’arret. SetsdicnoAv les plaçait dans les couches optiques et la rédon des tubercules quadrijumeaux. 11 s’appuyairsur ce fait qu en excUant, par des moyens chimiques ou autres, les parlies précitées, il diiisait une déprcssion des réflexes — place ces centres d’arrêt dans le prementdit. Ces hypothèses et d’au(res analogues ● ont été fort critiquées et beaucoup de pliysiologistes admettent simplement que, à l’état normal les excitations se rcparüssent à la fois dans le ter veau par uno voie ascendante et dans la moelle par une voie transverse; que, au contraire, dans mène d’arrêt proGoltz pro- cerveau 1. Pour riiistorlque complet dc la nup^fmn Lckhard, P/njsiologie des liückenmarl pf llerninnn, 2<= voluuie, 2« parlic, p. 33 et .nw" n le expenencc3 et iuterprétalions de SeLhèn.w'' ‘Cs Uerzen, C}’ou, etc., ele »eucüeuow, GoUz, ScUiff
1 16 17 LES MALADIES DE LA VOLONTÊ INTRODUCTION besoin d’étre explique, ceux oú rincitation volontaire cesse d’elle-même : quand nous jetons de còté, par exemple, uii livre décidáment ennuyeux. D’autres cas paraissent s"expliquer, par Time des hypothèses précitées. Nous arreíons volontairement le rire, le biiillement, la toux, certains mouvements passionnés, en mettant en acUon, ü ce qu’il semble, les muscles aiitagonistes. Pour les cas oú l’on ignore comment Tarrêt se produit, oú le mécanisme pliysiologique reste inconnu, la psycbologie pure nous apprend encore quelque chose, Prenons Pexemple le plus banal : un accòs de colère arrêté par la volonté, Pour ne pas nous exagérer le pouvoir volontaire, remarquons d'abord que cet arrêt est loin d’etre la rògle. Ccrtains individus paraissent tout à fait incapables. Les autres le sont ires inégaleinent; leur puissance d’arrôt varie au gré du moinent ct des circonstances. Bien peu sont loujours inaitres d’eux-mômes. 11 faiit, pour que l’aiTêt se prodaise, une preniière condition ; le temps. Si rincitation est si violente qiPelle passe aussitôt á Tacte, tout est fini; quelque sotüse qui s'ensuive, il est trop tard. Si la condition de temps est remplie, si Tétat de conscience suscite des élats antagonistes, s’ils sont suffisanimcnt stables, Parrêt les cas oú le cerveau ne peut jouer un rôle, les excKabons ne trouvant plus qu’une seule voie ou verte, il en resulte dontPeíret est une soríe d’accumulation iin j réflexe exagérée. lans ces dermers temps, Ferrier ■, se placant j d 1 1’importance pavcliÔlog. ue est ev,dente, a admis dans les lobos fr modérateurs qui seraient le faoteur essentiel de Fattention dv iní^“’i de rinhibilioil ü accepíTe Zío «níversellement mettent Les uns adencore plusieurs hvnr n ® ^ " mentionner Dans ceÍ éUpd'-' minons la question de notre ^ "ífrzs" Iious venons d’en parlerqui 1 accompagne — " B’abord, ü onmeine en SC3 qui le produit, — Pétat de conscience uous allons en parler. - cas oú Parret y a des n’a pas 1. l<^nleT,Usroncímsdu ccr nr Mechani/i ' ●ttitrttZ, p. 303-301. , p. 103, lOi. <?/ ven; Ldwcs, Physical Dasis of a
●'<3 18 LES JIALADIES DE LA VOLONTÉ 19 INTnODUCTION Jieu. Le nouvel éíat de conscience tend à supprimer 1 autre et, en aíTaiblissant la cause, enraye les eíTets. II est d une imporíance capitale pour la pathologie de la volonté de rechercher le phé mène physiologique qui se produit en pareil cas. On ne peut douter que la quantité de influx nerveux (quelque opinion qu’on ait sur sa nature) varie d’un individu k 1’autre, et d’un moment à 1 autre chez le môme individu. On ne peut douter non plus qu’à un moment donné, chezun individu quelconque, la quantitó dispomble peut être distribuée dune maniòre vaiiable II estclairque, chezle mathématicien qui specule et chez rhommequi satisfait une passion physique, la quantité d’influx nerveux ne se dépense pas de la méme maniòre et qu’une forme de depense empêche Pautre, le capital disponible ne pouvant être employé à la fois à deux fins. 1’ ^ physiologiste ‘ que 1 excitabihte de certains centres nerveux est attenuee^ par la mise en activité de certains au leSj si les excitaíions qui atteignent ces derniers ont une ceríaine intensité : tel est le fait. bi nous considérons le fonctionnement normal clLi systeme nerveux, nous constatons qu’U existe un equilibre nécessaire entre les diíTérents appareils de ce système. Nous savons que cet equilibre peut être rompu par la prédominance anormale de certains centres, lesquels semblent détourner à leur profit une trop grande part de raclivité nerveuse : dòs lors, le fonctionnement des autres centres nous apparait troublé U y a des lois générales qui président à la réparíiíion de ractivité nerveuse dans les difíérenls poinls du syslòme, comme n y a des lois mécaniques qui gouvernent la circulation du sang dans le système vasculaire : si^ une grande perturbation survient dans un département ! novasculaire important, Pefíet ne peut manquer d’être ressenti dans tous les aufres points du système. Ces lois ddiydrody ^ique, nous les saisissons, parce que le fluide 6n circLilation nous est accessible et que nous connaissons les propiiétés des vaisseaux qui les contiennent, les efiets de Pélasticité, ceux de la contraction musculaire, etc. Mais les lois de la ^opartition de Pactivité nerveuse, de cette sorte fie circulation de ce qu’on a nomme le fluide ^erveux, qui les connait ? On constate les effets fies ruptures d equilibre de Pactivité nerveuse; ^ais ce sont là des troubles essentiellement ‘'^ariables, qui se dérobent encore à toute tentafive de théorie. Nous ne pouvons qu’en noter la production en tenant compte des conditions qui les accompagnent. » nap médicales, art. NerveüX.
) 20 LES JIALADIES DE LA VOLONTÉ 21 IXTRODUCTION Si nous appliquons ces considérations générales a notre cas particulier^ que voyons-nous ? L’état de conscience primitif (colère) a évoqué des élats aníagonistes quí varient nécessairement d un homme à un autre : idée du devoir, crainte de Dieu, de ropinion, des lois, des conséquences funestes^ etc. 11 s’est produit par là un deuxième centre d^action, c’est-à-dire, en termes physiologiques^ une dérivation de 1’afflux nerveux, un appauvrissement du premiei état au profit du second. Cette dérivation estelle suffisante de ces deux centres d’action antagonistes, il y a d’autres causes qui tendent à affaiblir directement les impulsions primitives. Mais^nous devons esaminer ici la difficulté de plusprès, car la coexistence de ces deux étatsde conscience contraíres \ suffisante pour produire lindécision, 1 incertitudcj le non-agir, ne Fest pas pour produire un arrèt volontaire, au sens réel du mot, un « je ne veux pas ». 11 faut une condition de plus. Elle se rencontre dans po . 0.11 élément aíTectif de la plus haute importance. doiit nous navons rien dit. Les seiuiments ne sont pas tous desstimulantsà faction. Beaucoup un cnractère dépvessif, La terreur peut en être considere conime le type extrèrae. Â. son plus tiaut degré, elle anéantit. Un homme brusquement frappé d’une grande douleur est incapablo de toute réaction volontaire ou réflexe. L’anémie cérébrale, Larrêt du ,1a mort par syncope, la pour rétablir Tóquilibre? L’événement seul donne la réponse. Mais, quand farrôt se produit, il n’est lamais que relatif, et son seul résultat est d’aboutir à une momdre action. Ce qui reste de rimpulsion primitive se dépense comme il peut, par des gestes a demi contenus, des troubles dans les visceres ou ont quelque dérivation artificielle, omme oe soldat qui, pendant qu’on le fusillait, snnfnf P°“'’ crier. Très peu 1 i et faconiiés mnVvi^ réflexes à des mouvements imperceptibles. ^ette dérivation de 1’influx nerveux n’est roo-is un état de forn secondaire, constitué aux dépens du premier par le moyen d’une association. Remaiquons encore que, outre la naissance coeur amenant quelqnefois sueur avec refroidissenient de la peau, le relàcliement des sphincters : tout indique que rexoilabilité des cenlres musculaires, vaso-moteurs, sécrétoires, etc., est momentanément suspendue. Ce cas est extreme, i^ais il nous donne un grossissement. Audessous, nous avons tous les degrés possibles f
22 INTRODUCTION 23 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ reté qui est la marque de lüule liabiLude parfaite. II est clair^ d’ailleurs, que le tempérament et le caractère importent ici encore plus que réducatioii. de cramte avec tous les degrés correspondants de la dépression. Descendons de ce maxímwn ii la crainte raodérée, TeíTet dépressif diminue^ mais sans changer de nature. Or, commeiit arréte-t-on les mouvements de colòre chez Tenfant? Par les menaces, les réprimandes; c’est-à-dire par la pioduction d’un nouvel état de conscience caractère deprimant, propre à paralyser 1 acüon. « Une enfant de trois ans et demi, dit M. B. Perez, compreiid à l’air dii visage^ au ton de voix, qu’on la réprimande : alors son front se plisse, ses lèvres seorispent convLilsivenienb ont un instant la ixioue, ses veux sliumectent de larmes, elle est près de sangloter OOTeau tend done à supplanter 1’autre Pí'opre force, mais par - ement qu’il inflige àletre tout entier. b malgré des ineaaces répéíées, Parrôt rr Wnfn ‘ P'"' l’individu est peu ou Sí S’il se produit, U le entre les deux etat^ Je Prem.er eveille le second, ~ son con-eo‘ ; dIus ^^i^bitude, 1’arrêt devient de gg Plu fac e etrapide. Chez ceax qui sont d eux-memes, 1’arrêt II nesL donc pas snrprenant qiPune tempêto cede devant do íroides idees, devant des états de conscience dont la tendance motricc esl assez faible ; c’est qu’il y a par derriòro cux une loice acoumulee, latente, inconsciente, comme nous venons de le voir. Pour comprendre cet apparent mirado il taut pas considérer 1’adulte édiumó réh mais enfant. Chez celui-oi (le sauva-e l’ho la teiidCorà 1’approchcm), Péducation consiste'^insi'^™'^'^’'^*^°' do étals antagonistes ■ eHl susciter cation aussi bien celíe íuo rf PropreexpóriencequeceVni-^ reSèTa! Pro^uisent un arrôt ● de Dieu, ont étóTro"'^^’ Ê^dtatsdépressii;.q^S:;tSSnu «n,p„ une l^ciques oü il a no i->i' mme noir CCS ’ raffaíqrrc tous crainte nsages, toujours cr Tac¬ ou — et, / maniòre Sfa^ani?*' ^oalyse des con rr se Produit, quelcme " opuiion qu\)u cette se produit avec 1. La Psmologie (le Cenfanl, p. 33. ,1/
2Ô INTRODUCTION 24 LES UALADIES DE LA VOLONTÉ : lliologique (convulsions, chorée, épilepsie, etc.) ■1 qui se pvoduisent sous la forme d'une décharge violente et désordoniiée, Tadaptation se retrouve du plus bas au plus iiaut. Les réflexes ordinaires sont des réactions de la moelle épinière, adaptées à des conditions très générales et par conséquent írès simples/uniformes, invariables d’un individu à 1’autre (sauf des cas exceplionnels). Ils ont un caractère sjoécíifque. Un autre groupe des réflexes represente les réactions de la base et de la partie moyenne de rencéphale, optiques. ait sur le mécanisme pliysiologique. Sans doute, il serait désirable d’y voir plus claii-, d'avoir une idee plus nette du modtis operandi, par lenuel deux exoitaüons presque simultanées traiisent. Si eette question obscure était vidée, notre conception de la volonté comrae puissance 71'^ precise, peut-être autre. 11 laut se resigner à attendre ● rons d’ailleurs ’ problòme. so neunous retrouvesous d autres formes ce difíicile — bulbe, corps striés, couches Ces réactions sont aussi adaptées à des conditions générales peu variables, mais d’un ordre beaucoup plus complexe : c’est Tactivité « sensori-motrice » de certains auíeurs. Elles ont encore un caractère bien plus spécifique qu’individuel, tant elles III taiísouJuner.'‘‘^““ volonijui ne neut en ®^<i*'7sivement analytique, transfomiation Íétats^e “ quesenmouvement conscience quelooni'êt: elle est In r' J simple pouvoir d’arpathologie est inpn ^ sans lequel la Les rnn..! °'^P'''^^''^nsible. mier oaractèrd?tre'’lzf "'‘í P"®' marque qui leur p t ; mais c’est une majorité de=; ^ ^^^^mune avec Timmense diílerence n^est physiologiques : la l^nlaissantde còtélp^n ^ les mouvemenís d’ordre pase ressemblent d un individu à 1 autre^ dans la niônie espòce. Les réflexes cérébraux, surtout les plus élevés, consistent en une réaction adapté^i à des conditions très complexes, très variables, très instables, diíTérant d’un individu k 1’autre, et d’un instaut â 1’autre dans le môme individu. SCe sont^ les réactions idéo-motrices, les voli- tions. Si parfaite qu^elle soit, cetle adaptation n est cependant pas pour nous ce qui importe. Elle n est qu’un efTet, dont la cause n’est pas la RiBOT. — Volonlc. l\4 ' 2
2G LES MALADIES DE LA VOLONTÉ volition, mais racLivUé intellecLuelle. L’iatelli- !i gence étant une correspondancej un ajustemeiit ;! continuei de relations internes à des relatioiis f externes, et sous sa forme la plus haute, un , ajustement parfaitement coordonné; la coordination de ces états de conscience implique celle des mouvements qui les expriment. Dès | qu un but est ciioisi, il agit à la manière de ce que les métaphysiciens appellent une cause íinale : il entraine le choix des moyens propres j à ratteindre. L^adaptation est donc un résultat du mécanisme de rintelligence; nous 11’avons pas à nous y arrêíer. Mais ce qui nous inléresse, c’est ce choix, | cette próférence afíirmée, apròs une comparaison plus ou moins longue des motifs. G’est lui qui represente la réaction individuelle, disLincte ! des réactions spéciíiques, et, nous le verrons, ; dans la pathologie, tantòt inférieure, tantôt su- j périeure à elles. j Qu’est-ce que ce choix? Considéré dans sa | forme, il n’est rien de plus qu’une aíTirmation j l^ratíque, unjugement qui s’exécufce. Qu’on le '| remarque bien ; du côLé physiologique et exté- 'J lieur, rien ne distingue unmouvementvoloníaii’® | d un mouvement involontaire, le mécanisme f est le même, que je digne des yeux par action réílexe ou á dessein pour avertir un complioe | 1. On (listiugue en ijltysiologie les musclos volontuires j 27 INTRODUGTION Ou côtc psychologique et intórieur, rien ne distingiio le jugement au sens logique du mot, c’cst-iKlire une affinnation théorique, de la volition; sinon que celle-ci se Iraduit par un acto et qu’elle est ainsi un jugement mis à exécution. Mais qu’est-il, considéré dans son fond et non plus dans sa forme? Insistons sur ce point fondamental, et essayons de Téclaircir. Eii descendant à quelques faits biologiques très liumbles, nous verrons mieux peut-être en quoi con siste un choix. Pour ne pas m’égarer dans de lointaines analogies, je ne dirai rien deralTinité physique (par exemple de Taimant pour lefer). Dans le rògne végétal, je rappellerai seulement que les plantes insectivores, comme la dionée, choisissent, à Pexclusion des autres, certains corps qui v.iennent à leur contact. L’amibe choisit de môme certains fragments organiques dont elle se nourrit. Ces faits sont incontesíables : rinterprátation est difficile. On les ex plique, en général, par un rapport de composition moléculaire entre ce qui choisit et ce qui est choisi. fans doute ici le choix s’excrcc dans musclcs iuvolonlaircs, uiais cn faisant reuiarquer que celle di3tinction n’a rien (l’absohi. Il y a des personaos, comme leplivsiologiste E.-F. Wcbor, qui penvcnt ii volontii arrêlcr les luenls de leur cojur; d'autres, comme Fontana, produire une coulraclion dc l'iris, elc. Un mouvement est voloiilairc, lorsquc, a la suite d‘es3uis lieureux ct répótes, il est lió à un élat da conscience ct sous son commandemeut. mouve-
28 29 INTRODUCTION moment la personne, le moi, il y a convenance, analogie de nature, afTinité? G’est ]a seule explicalion possible du choix, à moins d’admettrc qu’il est sans cause. On lue propose de tuer un ami : ceLte tendance est repoussée avec liorreiir, exclue; c'est-à-dire qu’eile est en contradiction avec mes autres tendances et senüments, qu’il n’y a aucmie association possible entre elle et eux et que par là même elle est annihilcc. Chez le criminelj au contraire, entre la représeníation de Tassassinat et les sentiments de haine ou de cupidité, un lien de convenance, c’esbà-dire d’analogie, s’établit; il est par suite cboisi, aííirmé comme devant être. Considérée comme état de co7iscience^ la volitioii 7i'est do7ic rien de jdiis qiCune affirmaiio7i (ou une négation). Elle est analogue au jugement, avec celte diíTérence que Tun exprime un rapport de convenance (ou de disconvenance) entre des idécs, Tautre les mêmes rapports entre des tendances; que Tuii est un repos pour Tesprit, baulre une étape versTaction; que l’un est une acquisition, raulre une aliénation; car Tintelligence*est une épargne et la volontó une dépense. Mais la volition, par elle-mêine, cl tit7^e d'éiai de co7iscicnce^ n’a pas plus d"efíicacité pour produire un acte que le jugement pour produire la vérité. L’efficacité vient d’ailleurs. LES MALADIES DE LA VOLONTÉ un champ très restreint; mais aussi n’en est-ce i que la forme la plus grossiòre, presque pby- ^ sique. La naissance et le développement d’un \ systèmenerveux de plus en plus complexe transforment cette aíTinité aveugle en une tendance consciente, puis en plusieurs tendances contradictoires dont rune Temporte, — celle qui repiesente le 7naximum d’afíinité (le chien qui hesite entre plusieurs mets et fmit par en choisir un) Mais partout le ciioix exprime la nature de mdividu, à un moment donné, dans des ciTconstances données et à un degré donné; c’esta-dire que plus raffinité est faible, moins la I Nous pouYons dono i de ^ résulte d’une tendance, de plu, eurs tendances, d’une sensation précomplexes, p-t tnníA * P*’°j®tós dans Favenir, de nat^ f*^nde sur une aíTinité, une analogia FanS inV’'"® Cela est vrai cheZ ^^ence ou le plaisir d™n ■ à Fhonime. i tUre rlP “nscienee surgissent ’ ●**f " r™ 1».»lrecetSmMlaiS» ^DU -nTpTT"- f*“"®“ents et inoonscients (pu.ement physiologiques) qui constituent en O0 2.
I! 31 30 INTRODUCTION taphysique. Encore une íois, pour le sujet qiii nous occupe, le caractère est une donnée ul timo, une vraio cause, bien que, pour un autre ordre de recherches, elle soit un eílet. Remarquons, en passant et à tilre de siraple suggeslion, que le caractère — c’est-à-dire le moi en qu’il tant réagit — est un produit extrêmement complexe que Thérédité, les circonstances pbysiologiques antérieures à la naissance et postérieures à la naissance, Téducation, Texpórience, ont contribué à former. On peut afíirmer aussi sans térnérité que co qui le constitue, ce sont bien plutôt des élats aílecUrs, une maniòre prop:e de sentir, qu’une activité intellectuelle. C’est cette mariière générale de sentir, ce ton permanent de Torganisme qui est le premier et vóritable moteur. S’il fait défaut, Thomme ne peut plus Youloir : la pathologie nous le fera voir. G’est parce que cet état fondamental est, suivant Ia consütution des individus, sLable ou labile, continu ou variable, énergique ou faible, qu’il y a trois types principaux de volonté — ferme, faible, intermittente — avec tous les degrés et nuances que ces types comportent; mais, nous le répétons encore, ces diíTérences proviennent du caractère de Tindividu, qui dépend de sa constitution propre : il n’y a rien à cliercher au delà. Nous soinmes donc comolètement d’accord LES 5IALAD1ES DE LA VOLONTÉ Nous reviendrons dans la conclusion sur ce point | très important ^ j La raison dernière du choix est donc dans le : caractère, c’est-à-dire dans ce qui constitue la i marque propre de Tindividu au sens psycliolo- | gique et le diíTárencie de tous les autres indívidus de son espècc. Le caractère ou — pour employer un terme plus général — la personne, le moi, qui est pour nous une cause, est-il à son tour un eífet? A n’en pas dou ter; mais nous n’avons pas nous occuper ici des causes qui le produisent. i La Science du caractère, que Stuart MilI récla- i mait, il y a plus de quararite ans, sous le nom d’éthologie, n’est pas faite, ni, à ce qu’il roe \ semble, près de Têtre. Le füt-elle, nous n’au- : rions qu’à en accepter les résultats, sans tenter une excursion sur son domaine; car remontei- ■ tonjours d’eíTets en causes, par une progression i sans íin, ce serait suivre les errem ents de la mé' I a 1. Nous venoDs d expnraer sous une autre forme ce fait évi; : dent qu^e le ehoix va toujours dans le sens clu plus plaisir. Tout ammal, déuué ou doué dc raisou, saiu ou malad^' ne peut vouloír que ce qui lui parait, au momeut actuol, so^ ] pius grand bien ou sou moindre mal. L’homme même qu» i fero Ia mort au déslionneur ou à 1’apostasie choisit le parti 1® J moios désagréable. Le caractère individuel et le développenjen dè la raison font que le choix tantôt monte três baut, taut^ tombe Irès bas; mais toujours il tend vers ce qui agrée le Le coulraire est impossible. C’est là une vérité psychologi<l‘t® claire que les anciens Pevaient déjà posée en axionie, et «allu des volumes de métapbysique pour robscurcii*. D<Í £rra â
1 33 INTRODUCTION 32 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ en mouvement, mais qu’il suppose la participation de lout ce groupe d"états conscients, ou subconscients, qui constituent le moi á un momentdonné. , , . Nous sommes dono fondés àdéfinir lavolonte réactiori individuelle et à la tenir pour ce quMl y a en nous de plus intime. Le moi, quoique im effet, est une cause. 11 Test au sens le plus rigoureux, de façon à satisfaire toutes les exigences. En résumé, nous avons vu que, plus bas à la volonté la plus haute, latraiisition est insensible, et qu’il est impossible de dire exactement le moment oú commence la volilion propre,c’est-à-dire la réaction personnelle.D’un extreme à 1’autre de la série, la différence se réduit à deux points : d’un còté, une extrôoie simplicitéj de l’autre, une extreme complexité, — d’un còté, une réaction toujours la meme cbez tous les individus d’une môme espèce; ae Tautrc, une réaction qui varie selon Tindividu, organisme parliculier avec ceux qui nient que la prédominance d'un molif explique a elle seule la volition. Lc motif pieponderantn est qu’une porlion de la cause chüiqi P- qu’autant qu’il est , tuei t le moi, a un moment donné tendance a l’acte s’ai ’ dances une , . , / et que sa ^ ^ sajouto à ce groupo de íenqui vieiinent du caractère, du réfloxe le pour ne faire . qu’un avec elles. transcendante, pour lui ^ íl salité propre. C’est simple, trés i'econnaitre une caunof 1 d’expérience tròs net; le contraire se comprend ne pas. volomaire°SrnfdulV°‘”í'® seule impression simple oú une contractions et des enserable de Se conlpMioS, ™'ji J.T™ nisation nerveuse tom « V? '"^sultat do l’orgamdme la nature do ’n réagit en consé ^S^nisme tout entier et c'cst-à-dire d’apròs un limité dans le temps et Tespace. Simplicite et permanence, complexité et cbangemeiit vont de pair. 11 est clair qu’au point de vue de Tévolution toutes les réactions ont été à 1 origine individuelles. Elles sont devenues organiques, spécifiques, par des répétions sans nombre dans 1 in- ^quence. Isychologiquenient, cela voiontaire, sous sa forme lasimpletransformation signifie que Tacte complète, n’est pas d un état dc conscionce à
34 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ dividu et la race. L’origlne de la volonté est ■ dans cette propriété qu’a ]a matière vivante de . reagir, sa firi est dans cette propriétó qn’a la matière vivante de s’habituei\ et c’est cette activité involontaire, fixée à jamais, qui sert de support et d instrument à Tactivité individnelle. i Mais, chez les animaux supórienrs, le legs héréditaire, les hasards de GHAPITRE PREMIER naissance, Tadaptation continuelle ádesconditions variant à chaque instantj ne permettent pas à la réacüon iadíviduelle de se fixer ni de prendre une même forme chez tous les individus. La complexité de leur milieu est tomatisme. Nous termmons ici ces préliminaires, en rappe an que leur seul hut était de préparer ^ : pathologne, que nous allons maintenant aborder. LES AFFAIBLISSEMENTS DE LA VOLONTÉ I. — Le cléfaut d’impulsion. une sauvegarde contre l’auNous venons de voir que ce terme volonté designe des actes assez diíTérents quaut aux com ditions de leur geiièse, mais qui ont tous ce caractère commun d’être, sous une forme et à un degré quelconque, une réaction de Tindividu. tians revenir sur cette analyse, notons, pour des raisons de clarté et de précision, deux carac teres extérieurs auxquels la volition véritable sereconnait: elle est un état définitif; elle se traduit par un acte. Lhrrésolution, qui est un commencement d état morbide, a des causes intérieures que la pathologie nous fera comprendre ; elle vient de ^ faiblesse des incitations ou de leur action ephémère. Parmiles ques-uns à la caractères irrésolus, quel- — c’est le très petit nombre — le sont )
11 LES AF?AIBLISSEMENTS DE LA VOLONTÉ 37 LES MALADIES DE LA VOLONTÉ par richesse d’idées. La comparaison des motifs, i les raisonnementSj le calcul des conséquences, ' constituent un état cérébral estrêmement com- j plexe oú les tendances à Tacte s’entravent. Mais cclte richesse d*idées n’est pas à elle seule une cause sufíisaníe de rirrésolution; elle n’est | quune cause adjuvante. La vraie cause, ici comrne partout, est dans le caractòre. Ghez les irrésolus, pauvres d’idées, cela se i voitmieux. S'ils agissent, c’est toujours dans le sens de la moindre aclion ou de la plus faible résistance. La délibération aboutit diííicilement ; à an choix, le choix plus difficilement à un acte* La volition, au contraire, est un état défi- : nitif: elle clòt le débat. Par elle, un nouvel état de conscience — le molif choisi — entre danS le moi à titre de partie integrante, àrexclusiou des autresétats. Lemoiestainsi constitué d’une xnanière fixe. Ghez les natures changeantes, ee définitif est toujours provisoire, c’est-à-dire qii® i le moi Youlant est un composé si instable q^^® le plus insigniíiant état de conscience, en suf' gissant, le modiíie, le fait autre. Le comims*^ formé à chaque instant n’a aucune force de résiS' tance à 1’instant qui suit. Dans cetle somme d’états conscients conscients qui, à chaque instant, representei^ les causes de la volilion, la part du caractèf® individuel est un niinimum, la part des 30 constances extórieures un maximiim. Nous retombons dans ceíte forme inférieure de la volontó étudiée plus haut qui consiste «laisser faire ». II ne faut jamais oublier non plus que vouloir c est agir, que la volition est un passage à 1'acte. Réduire, corame on Pa fait quelquefois, la volonté à la simple résolution, c’est-à-dire à raffirmation théorique qu’une chose sera faite c’ests’en tenir à une abstraction. Le choix n’est qiPun moment dans le processus volontaire. S il ne se tradiül pas en acte, immédiatoment ou en temps utile, il n’y a plus rien qui le dis tingue d’un opération logique de Pesprit. II seinble à ces lois écrites en un resqu’on n’applique pas. Ces remarques faites, entrons dans la pathologie. Nous diviserons les maladies de la volonté en deux grandes classes, suivant cyi’elle est ajfaiblie ou aholie. Les aíTaiblissements de la volonté constituent la partie la plus importante de sa pathologie; ils montrent le mécanisme faussé. Nous les di\V rons en deux groupes : 1“ Les affaiblissements sion; ^“Les afTaiblissements 3“ En nerons '^'^íontaire. ^líCT. — isepar défaut dhmpulpar excès d^inipulsion* i-aison de leur importance, nous examipart les aíTuiblisements do Tattention a Volouté,
1 ■( 38 LES MALADIES DE LA VOLONTE 4“ Eníin, sous ce tilre « Le règne des capri- i ces )), nous étudierons un état particulier oü la ; Yolonté ne parvient jamais à se constituer ou ! ne le fait que par accident. i LES AFFAIBLISSEMENTS DE LA VOLONTÉ Lorsqu’on les abandonne à eux-mêmes, ils passent des journées entières dans leur lit une chaise. Quand on leur parle et qu’on les excite, ils s’exprÍmentconvenablement, quoique dbrne manière brève : ils jugent assez bien des choses *. B 39 ou sur Comme les malades chez qui rinteiligence est intacte sont les plus intéressants, citerons que des cas de ce genre. L’une des plus anciennes observations et la plus connue est due à Esquirol: « ün magistrat, très distingue par et la puissance de sa parole, fut, à la suite de cbagrins, atteint d’un accès de monomanie II a recouvré Tentier usage de sa raison; mais il ne veut pas rentrer dans le monde, quoíqull reconnaisse qu’il a tort; ni soigner ses aíTaires, quoiqubl sache bien qu’elles souffrent de travers. Sa conversation est aussi raisonnable que spirituelle. Lui parle-t-on de voyager, de soigner ses aíTaires : je sais, répond-il, que je le devrais et que je ne peux le faire. Vos oonseils sont très bons, je voudrais suivre vos avis, je suis convaincu, mais faites que je puisse vouloir, de ce vouloir qui détermine et exécute. II est certain, me disait-il un jour, que je I nous ne Le premíer groupe contient des faits d’un | caractère simple, net et dont Texamen est ins- i trucLif. A.rétat normal, on en trouve une ébaiJ- ; che dans les caracteres mous qui ont besoio> ; pour agir, qu*une autre volonté s’ajoute à i leur; mais la raaladie va nous montrer cet état sous un prodigieux grossissement. Guislain adécrit en termes généraux cet aílai' blissement que les médecins désignent sous 1® I nom ^abouíie. « Les malades savent vouloí*" ; intérieurement, mentalement, selon les exige^' ces de la raison. Ils peuvent éprouver le dósl^ de faire; mais ils sont impuissants à faire coO'' venablement. II y a au fond de leur entendetn®*^^ une impossibilité. Ils voudraient travailler et ne peuvent son savoir ce Leur volonté ne peut franch'^ , certaines limites : on dirait que cette \ d action subit un arrêt: le^e veux ne se írauS' forme pas en volonté impulsivo, en détermh^^^ tion active. Des malades s’étonnent eux-mêru®^ de 1 impuissance dont est frappée leur volonté-●' P pft>'^nopathies, tome I, ^ ■ n Griesinger, Traitâ des maladies P* Leubuscher, Zeilschrift für Psijchiatrie 1847. p. 479, - meii‘
41 LES AFFAIBLISSEMENTS DE LA VOLONTÉ tine, avec une angoisse d'antant plus vive qu’il se rappelait le temps oii ü leur consacrait des heures délicieuses. CJn ouvrage inachevé, auquel il avait donné le raeilleur de son intelligence, ne lui paraissait plus qu’un torabeau d’espéi'ances éteintes, d’e{Torts frustrés, de matériaux inutiles, de fondations jetées pour un édifice qui ne se construirait jamais. Dans <c cet état de débilitó volitionnelle, mais non intellectuelle, » ü s’appliqua à réconomie politique, étude à laquelle il avait été autrefois éminemment propre. Après avoir découvert beaucoup d’erreurs dans les doctrines courantes, il trouva dans le traité de Ricardo une satisfaction pour sa soif intellectuelle, et un plaisir, une activitó qu’il ne connaissait plus depiüs longtemps. Pensant que des vérités importantes avaient cependant échappé à Tceil scrutateur de Ricardo, il conçut le projet d une IniroclucHon à iout systòme fiítur cVéconomie ^^olitiqiie. Des arrangements furent faits pour imprimer et publier Pouvrage, et il fut annoncé à deux fois. Mais il avait à écrire une préface et une dédicace à Ricardo, et il se trouva coraplètement incapable de le faire; aussi les arrangements furent contremandés, et Pouvrage resta sur sa table. ● « Cet état de torpeur intellectuelle, je Pai éprouvé plus ou moins durantles quatre années que j’ai passees sous Pinfluence des enclianteLES MALADIES DE LA VOLONTÉ 40 n’ai de volonté que pour ne pas vouloir; car }’ai toute ma raison; je sais ce que je dois faire; ; mais la force mVnandonne lorsque je devraís agir *. 7) De médecin anglais Bennett rapporte le cas , d’un homme a qui fréquemrnent ne pouvait ^ pas exécuter ce qu’il souliaitait. Souvent, ü essayait de se déshabiller et restait deux lieures | avant de pouvoir tirer son liabit, toutes ses facultés mentales, sauf la volition, étant parfaites. : Un jour, il demanda un verre d’eau; on ie j présente sur un plateau, mais il ne pouvait 1® > prendre, quoiquMl le désirât; et il laissa ie do- [ mestique debout devant lui pendant une derni' ’ lieure, avani de pouvoir surmonter cet état. « ; lui semblait, disait-il, qu’une autre personu® , avait pris possession de sa volonté ^ » Un auteur qu’il faut toujours citer pour 1®^ . faits de psychologie morbide, Th. de Quinceyí nous a décrit d^après sa propre expérience cett® paralysie de la volonté. Uobservation est d’aütant plus précieuse qu’elle est due à un espn^ subtil et à un écrivain délicat. Par 1 abus prolongé de Popium, il dut abaii' , donner des études qu’il poursuivait autrcfo*® < avec un grand intérôt. II s’en éloignait avec sentiment d’impuissance et de faiblesse enfaR' uH : 1. Esquirol, I, 420. 2. Deunett, ap. Carpenter, Mental PlnjsiologiJ, p. 3S3.
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