LA SCIENCE )ROIT EN GRECE I*LAT().\. AUISTOTL, TIIEOPIIRASTK PAR RODOLPHE DARESTE MEMOnE DE Cl.VSTITÜT OONSEILLEn A I.A COUH DE CASSATION PARIS IjIIBRA-IRIE D(J RECUEIL GÉNÉRAL DES LOIS ET DES AMRÉTS ET DU JOURNAL DU PAI.AIS L. LAROSE & FORCEL, ÉDITEURS 22, RUE Soufklot’, 22 189 3
* Ki' i 3^^oC^aç')í^^) 1^5 oMÍOi|>OlO LA SCIE\CE DU DIIOIT M GltECE. PLATON, ARISTOTE, TIIEOPiíRASTE. llávTwv vip pia07;iAáT(iüv xupu/jraTa ToS tÒv pi.O!v0«vovTa peXxíbj yí^vacOat tÍ TTSpt 70U; VOjAOUÇ XêtfiSV». Platu.n, Lois, XII, 8. I i I ü.
( \ INTRODUCTION. Nous nous proposons (Vélmlicr ici qnelqucs ouvragcs (lont rimporlance esl capilale pour la coiinaissancc du droit grec cl pour la scicncc du droit cn génêral. Cc sonl los Dialogues dc Plalon sur la Republique ot los Lois, Ics Traités dWristolc sur le gouvcrnciucnt d’Allièncs et sur la Polili{[ue, eníiu, IcTraité des Lois, dc Tliéo|)liraslc. Si la Grèce n’a pas cu dc jurisconsulles coinparablcs à Ulpicn, à Paul, A Papinien, à ces magistrais émincnls qui formaicnl h Rome le conscil du prince cl jugeaient toules les grandes aíTaires dc Tempirc, si cllc n’a pas eu dc profescomme Gaius, eile a eu des philosophcs qui onl éludic ses lois ct sc sont cíTorces dc rcmonler aux principes I genéraux dc loute législalion. Le luajesliieux cdifice dc la jurisprudence romainc nc pouvail s’clcvcr que dans un . grand einpire, à la faveur d unc ceulralisaliou puissanle. ! La Grece a \ccu dans des condilions toutes dlíTérentes. Lc niorccllenienl polilique, qui avail pour résuUal la diversile 3 infinie des législalions, la constilulion des Iribunaux poscurs í
LNTRODUCTIO-N. O placent au nicme poinl de vue quand ils compareni les Lois de Piaton lanlòt à cclles de Moísc, comme Clément d'Alexandrie ' et Eusòbe ^ lanlòt à celles du Cbrist coinnic Tiiéodoret, évôqiie de Cyr^ Cesl donc bien du droit que Piaton* nous donne dans ses deux grands ouvrages. La seule qucstion â cxaminer cst celle de savoir de quel droit il s’agil. Est-ce un droit puremcnt imaginairc, ou bien Piaton a-l-il reproduit celui qu’il avait sous les yeux? Ici cncorc on peut répondre dans les deux sens. Assurémcnt Plalon est un novateur. J1 propose un pian de reforme sociale, il entend créer un gouvernement cl rèdiger un code. C’csl le caraclère dominant de la Republique, et il apparail mòine dans les Lois, quoique ce second ouvrage ccril par Plalon dans sa vieillesse ne reproduise pas les lómérités du prcinier. Mais ce serail faire injure à ce grand bomme que de voir uniquement dans scs ceuvres un jcu d’esprit, une creation arbitraire de la raison. La raison humaine a beau faire, elle est loujours forcéc d'cinpruntcr u la réalilc les cléments de scs conceplions. On a monlré que Rousseau avait emj)runlé à la conslilution de Genève Tidee fondainenlale du Contrai social. On sait aujourd’bui, gràce aux patientes recherches de rérudition moderne, que Plalon a pris pour base de ses travaux les lois de Sparle et dWthònes. 11 s’cirorcc sans douto de les arnender. II láclie de les concilier ct d’en faire im ensemble. Mais ce fond sur lequel il travuille est loujours reconnaissable et peut loujours ctre facilement dégagé. INTROnUCTinx. pulaires, oíi le nonibrc élait toul, nc pernicllaicnl pas qu’il ni une profossion de jufisconsnllc, ni des écoles próparanl à rexcrcice dc cette profession. La scicncc du droit n’en a pas moins ele cullivée, mais autrement qu’à Rome. Elle a cu un caraclère moins pratique, moins posilif, mais plus élevc. C’csl ainsi que les philosoplies grees ont élé amenes à ccrire sur le droit, et nous ne croyons pas faire injure à Icur mémoire en les considcranl, cux aussi, comme des jurisconsullcs. Ce n osl pas qu ils le soicnl lous au ineme degre ni dans la meme incsurc. Plalon ne procede pas comme Arislole, ni Arislole comme Théoplirasle. C'est en proporlions variubles qu’on Irouve, dans Icurs ouvrages, du droil propremcnl dll ct de la piiilosophie. Les écrils de Piaton sonl ceux 011 la dcmarcation des deux éléments est le plus difíicile à établir. Pour les éludier, on jieul sc placcr altcrnalivcmcnt aux deux poinls dc vue, et, à vrai dirc, il ne faut rcnoncer u aucun des deux. Si la Republique el les Lois ajiparlienncnt aux philosoplies, les jurisconsnlles peuvenl aussi les revendiqiier ajuste litro ct, au reste, leiir droil n’a jamais élc conteste. C’est bien ainsi que Tenlendail Ciccron quand il composait, lui aussi, ses Dialogues de la Republique cl des Lois. C’cst bien du droil que les jnriscoiisuUes romains cberchaient dans les écrils dc c‘est à ce litre que Callislralo cite un passage de formal une Iradilion juridique se Plalon la Répuidiqiie à propos de la juridiction cxlraordinairc du magistral roínain’, cl que Scxlns Caícilius comparait Ic Dialogue des Lois aux XII Tablcs". Les Pères de TÉgliscse ' Clément d’Alexandrie, Stromatas, I, 25 : tlXÓT ix. Ttõv MoJÜff£(i)Ç tÍ Ttspl tÍ)V VOao0Eff(«V àtpE^TjOslç. ^ Eusébe, Preparation dvaiujãique. Le parallèlc entre Moise el Plalon forme plus da quarl de 1'ouvrage. ® Tliéodoret, 'EXXvivixtüv OepaTreuTixí] iraOr||A«TiiJV, lib. IX, it£pl vogwv. Migne, t. IV, p. lÜ3/*-t059. * Né en 429, mort en íTiS. 81 & fiXo'(703o; 0)V ‘ L. 2 I)., J)e numliuis, L. ll, Cnllislralus, lib. III, De coíjmtionilniü: Sunim® prudenlije et aueloriUilis apud Graicos Plalo, quum instiluercL quemadmodum civilas benc et beale habitari possit, in primis islos negotiatores necessários dtixit. Sic cnim libro secundo IloXiTEta; ait..., etc. „ . 2 V la conversalion <le Sextiis Cmciiius et du rliéleur bavorinus, rappurlée par Aulu-Gcllo, XX, 1.
7 INTRODOCTIOX. A ces ouvragcs et aux fragmenls qui nous reslenl da rccueil des conslitulions il conviení de rattacher, au moins pour parlie, la Rliétorique et la Morale oü l’on Irouve certaines lliéories juridiques très importantes. 11 y a aussi dans le recueil des Problònies toul un chapilre sur des quesüons de droit. Lc Traité des Jois de Théopliraslc’ a un caractère encore plus slriclement juridique. Eleve d’Aristole et son successeur dans la direclion du Lycée, Théophraslc avait repris, avcc moins de génie mais aulant de Science, ro3uvrc encyclopédiquc de son inaitre. Ses livres, dont le nombre ótait prodigieiix, résuinaienl cl présentaicnt dans un ordre systéinalique toul cc qu on savait de son lemps. 11 ne nous en esl parvenu qu’un pelil nombre, des traités de bolanique et de physique. Les autres ont péri et entre aulres le Traité des Lois donl il ne reste que des fragmenls. II existail encore au ix* siècle de notrc ère, puisque le comj)ilatcur Jean de Stobi, qui vivait à celtc époque transcril quelques pages dans un de ses rccucils, mais dcpuis lors il a disparu sans laisscr d’autrcs traces. Tliéophrasle avait aussi écrit un traité de Ia Royauté et une Polilique opporluuiste. II nc nous cn reste que des citations insignifiantes. La pcrle du Traité des Lois a été un grand malheur, non moins grand peut-élro que celle du recueil des constitutions composé par Arislote. On pcut dire que ces deux ouvrages avaient fondé la scicnce des législalions comparées. Ony trouvait toul lc droit public et privé dc la Gròce. Celui de Théophraste a eu rhonncur d’etre cité par dcux jurisconsultes romains. Les fragmenls qui nous eii rcstent sonl d’une grande importance, et il sufíit d’y jeler les yeux pour se convaincre que la Science du droit a été INTRODÜCTION. On n éppouve pas la mêine difficullé en ce qui concerne Aristole Cc n est pas un spéculatif coinine Plalon -.n esprit positif. 11 procede non plus par la dialectique, c est-à-dire par Panalyse des idées, mais par 1’observation des faits. A la vérité, il n observe que pour généraliser, mais enfin il observe, et les faits qu’ü recueille sont nombreux et bien coustatés. On n’est donc pas réduit à faire dans ses ouvrages un départ entre le droit et Ia philosophie, ma ebminer les amélioralions proposées, afin de dégager le droit en vigueur. Malhou rcusement, c’esl nous sommes loin de posséder son en cntier. Dans les catalogues qui nous restent on ™U3ve plusieurs ecrits relatifs à la justice età la polilique, aleducatlon, a leconomie, aux lois, aux conslitulions, aux coutumes des Barbares. On y trouve mêrne le titre d un ouvrap en cmq livres sur les lois de Solon. Toul cela clail-il reellemenl du droit? Ne quelques-uns de la morale? G’est lEUvre faut-il pas classer ces livres perdus dans la philosophie et nnnc n', quostiou pouc la solutiou de laqucllc nous n avons aucune donuée. II faut douc se borner aux ruXli„’ri-ln "0“^’ c’esl-à-dire à la íà scb.!n “»jourd'hui le foodemenf de isu la foi, r 8»«™rnemeuls. Le pce.nier Élals naisseni suivant Icsquelles les consultes ..omaiuríls n'én^° annéc, nbnl connu que la dernière mentprofilé. oluique, mais en ont largeen a Né vers 37‘2, morl vers 287 Né en 381, mort en 322.
y INTRODÜCTION. aujourcriiui surtout ou Ics scicnccs sociales remcUeiU oii queslion tant de problòmes qu’on avait lenus longtemps poiir résolus, mais la tàche que nous avons enireprise élait déjà lourde. On nous pardonncra de nc pas nous èlre imposé un fardeau cncore plus pesanl. 8 INTRODÜCTION. cultivée en Grèce commc à Rome. Si donc de rapprocher ces fragments et de restituer ainsi, au moins comme esquissc, le vaste tableau Iracé par Théophraste, c’esí pour répondre à un besoin et non pour satisfaire une vaine curiositó. nous essayous Tels sont les monuments que nous nous proposons dc iaire connaitre. L’étude en est difficile pour bien des raisons. ün livre ccrit il y a plus de vingt siècles, à Alhcn dans un milieu si différent du nôtrc, ne se lit plus couraniment et nc peut se passer d’explications. Cela mêmc ne suilit pas. Les meilleures traduetions défaut et ne rendent es, nc sont pas sans toujours cxactcment les termes Icchmques. Mais fussent-elles iiarfailes, les difficultés nauraicnt pas disparu. Elles tiennent, chez Platon à la forme du dialogue et aux longueurs de la mélhode dialectique; chez Arislote, à 1’ctat du texte qui n'a été publié quapres la mort de l’auteur. avec des lacunes, des intcipolalions et des repetitions. Chez l’uu etTautre, les transihons ne sont pas toujours assez marquées, les digressions sont frequentes, la suite du raisonnement n’est pas tou jours saisissable, et il semble meme que Platon cherche parfois a la dissimuler. C’est par ces considérations que nous nous sommes déterminé à donner des analvses aiissi exactes que possible. mais toujours libres, en nous altathant, avant toui, au fond des choses et à la 1 auleur, - forme. Si pensce dc ce qui nous a souvent conduit à modifior la donner l^^lques notes, c’a été pour indinuer \ mdispcnsables et surtout pour qu 1 navai pas besom de le dire, et c'est pourquoi on erTréZirLl7"' faire. Aristote et Thcophraste, au contraire, le disent toujours et par suite exigent moms d'éelaireissements. Quant à la discussion Cl a 1 appreciation des doctrines sein laissee de côté nous l’avons à desnon qu’elle n’offre «n grand intérêt,
PREMIÈRE PARTIE. PLATON. / Platonis Leges et Epinomis, ed. Godofredus Stallbaum, 3 vol. in-8®, Gotha, 18S9. Plalonis Leges et Epinomis, ed. &Iartinus Schanz, pars prima. sex priores libros Legum continens, 1 vol. in-8*, Lipsiae, 1879. CEuvres de Plaíon, Iraduiles par Victor Cousin, tomes VII et VIII. Paris, 1831. K.-F. Hermann, De vestigiis institutorum veterum, inprimis atlicorum per Plalonis de legibus libros indagandis. — Jiiris domestici et familiaris apud Platonemde Legibus cum veteris Grxcias, inquc primis Athenaru7)i instilutis comparatio, Marpurgi, 183tí. Grote, Plato and the other companions of Sokrates. London, 186o, tome III. Van der Resl, Platon et Aristote, Essai sur les conunencements de la Science politique, 1 vol. in-8®, Bruxelles, 1876.
LA RÉPUBLIQUE. Plalon avait Ircnlé ans lorsqu’il rit soq maitre Socrate accusé d’impicté par Anylus, Mélélus et Lycon et Iraduil devant un tribunal. II 1’assisla dans le cours du procòs et rédigea môme pour lui une défcnse qui est reslée céle bre, quoique Socrate n’ait pas voulu s’en se^^'ir. 11 le vit subir cclle épreuve avcc une fermelé inébranlable, proYoquanl par cetle altitude même une condamnation rigoureuse. II nous le niontre encorc dans sa prison, repoussant les proposilions de ses disciples qui avaient forme un complot pour le soustraire à la mort, puis enfia buvanl la cigué avec le calme d’un sage et le ferme espoir d une autre vie. Plalon u’avait pas assiste à cetle dernièrc scène, mais il l’a raconlée telle qu’il la tenait des autres disciples du maitre. On voit coinbien son impression est profonde, et 011 ue peut le lire sans la parlager. II n’est pour ainsi dire pas un seul de ses Dialogues qui n’exprime son aversion pour la justice politique oíi le nombre et la passion dücidcnt tout, oii Taccusateur nc recule devant aucun moyen pour satisfaire sa haine, oü Taccusé n’a souvenl d’autre ressource que de s’avilir en imploranl la pilié du tribu nal ‘ V. A]wlo(jie de Socrate, c. 23. Thcetètc, c. 23. Toul le Go7‘~ gias roule sur ce sujei. Mais c’esl surloul dans la Republique que
LE JUSTE ET L’l^■JÜSTE (rÉP. I ET II). d’une réorganisation sociale. C’est donc à la raison surlout faut s’adrcsser, sauf à Téclairer par TexperieDce. Mais ce qu’on prend pour la raison n’est souvent autre choseque rimaginaüon. On ne le voit que Irop dans le livre étrange intitule : De la République ou de la Justice, singulier assemblage d'idées justes et profondes et de rêveries indignes d’un grand philosoplie. Nous ne pouvons pas songer à donner ici une analyse complete de cet d’abord parce que c’est surtout un traité de morale el de psychologie oü Ia politique ne joue qu’un role secondaire et n’est employée qu’à litre d’argument. En outre, Platon reconnait lui-meme que sa théorie ne peul ôtre mise en pratique. 11 la inaintient, à la vérité, dans ses écrits postcrieurs, tels que le Timée cí\q Critias. II cherche inême íi lui attribuer une existence préliistorique, mais il ne Ta jamais regardée commc actucllement réalisable. Sur ce point, les Lois conliennent sa pensée dernière et délinitivc. II est cependant nécessaire de dire quelques mols d’un livre dont la répulation a cté si grande. Qu’est-ce que Ia justice? Tellc est ia question que Socratc examine avec ses interlocutcurs. En dialeclicicn redoutable, il n’a pas de peine à écarter toutes les définilions proposées. Ainsi la justice ne consiste ni à rendre à chacun ce qui lui est dú, car cela n’est pas toujours vrai, ni à fairc du bien à ses amis et du mal à ses ennemis, car il n est jamais juste de faire du mal. Faut-i! dire que ia justice est ce qui est avantageux au plus forl? Ce serait fondre toutes les idees. La force ne cróe pas le droit. L'injuslice, même triomphante, est toujours Tinjusticc. Ou’est-ce donc que le juste et Tinjuste? car la question subsiste toujours. Socrate imagine alors de la poser d'une autre façon. S'il est difficile de dire ce qu’est la justice dans rhomme, peut-ètre sera-í-il plus facile de laperccvoirdans rÉtal. Ce raisonnement est-il autre cliose qu’iin pretexte pour exposer une tliéorie sociale? Quoi qu'il en soit, suivons Platon sur ce terrain. 15 14 CARACTÈRE DE PLATON. Si l’on ne peut attendre des tribunaux populaires ni sincérité, ni justice, la démocratie a-t-elle au moins le mérile do tairc une nation heureuse et puissante, de diriger les alTaires politiques avec sagesse el surtout avec 1’esprit de suite nécessaire? Ici encore Platon a eu sous les veuv un triste spectacle. II a vu les partis se disputer le pouvoir avec acharnement, régner tour à tour par les prosenptions et la lerreur. II a vu les assemblées conduiles ou plulot entrainees par des démagogues, c’est-à-dire par des amb, leux sans moralité et sans conviclion. II a pris en degout ces llatteurs de la niullitude, ces mauvais échansons qui versent a une foule ignorante la boisson enivrante inrui? le ' ^ “ go-ernement qui conduit les peuples à la tyrannie ou à la ruine il voudrait - p" P-- ■ènu Tu n f f i la Science et i la ^ertu qu il faut remettre la direction bli({ues. toutes faites Un m d emprunter des instilutions P o^oque toutes les formes possibles ouvrage, ♦ des alTaires pu- ! H 11 cona Platon a donné un librp . tique dont la thèse est eelle ni en raison inverse da nomhrp ri ’ ^ ^ gouvernement est citons que pour mé^e de Platon. V. Klude sur u n pi’obablement pas Huit, Paris, 1S8S. ttique altribué à Platon, par Ch. 1
LES AUTRES CLASSES. — LE COMMUNISME (rÉP. III). 17 16 l’état. — LA CLASSE DES GUEIIRIERS (rÉP.' lIl). <les vicillurds, plcins d’expérience cl aussi pleins de vertu. Oii laissera Les Iioinines onl besoiii les uns des autres. Ainsi íorme TÉlal sur Ic fondcnient de Tassistance reciproque qui permet la division du Iravail, au grand prolil de lous. De là la disüncüon des professions, rendue plus néccssaire cncore et muUipliée à 1 infini par les progrès du bien-òtre Cl du luxe. Parmi ccs professions, une des plus nliies esl celle des gucrriers ou plulòtdesgardiens, oúÀav.e,-, è7;^/5upot, qui sont comme les chicns de garde du'lronpeau. Pour qu ils soiení propres à bien faire leur méüer, il faut qu'ils soicnt philosophes, formes par une éducation particulicre. La musique preparera leur ame et la corps. Par la musique et morale se mourir les honiines dont le corps est mal conslilué, on fera mourir ccliii dont ràme est méchaote et incorrigilile. Le poiivüir, dans TÉlat ainsi composé, apparliendra aux plus àgés dentre les gardiens de 1’Élat, ayant le plus de vertu et d expérience. Les plus jeunes ne seronlquc leurs ministres et serviteurs. laboureurs et artisans II y aura ainsi Irois classes, les ='-2! iTTÍy.sypsi, et les magistrais, ap-/5v sont ])as fennécs. Ceux dont làme n’a pas reçu de la nature les qiialilés nécessaires doivent ètre exclus des classes supérieures et relegues dans celle des laboureurs et arlisans. Réciproqucment, ceux des laboureurs et artisans qui maniiesloront des qualilés parliculières enlreront dans les classes supérieures. Le corps des canip et vivra sous la lente. 11 se comporlcra non en oppresseur, mais en protecteur de la nalion. Í1 scra nourri par Ics aulres ciloj'ens, qui fournironl à scs besoins par une contrihulion annuelle. Les repas y seronl pris en commun. Du reste, les guerriers ne pourront avoir à cux ni lerres, ni maisons, ni rien au-dclà de ce qui esl absolument néccssaire®. II leur sera inlerdif non seulement de les gucrriers. . i\Iais ces classes ne gymnastiqiie leur on enlend 1 éducation inlellecluelle hnt lv,nn- r '^7 1’ins‘^clioa religicusc, d’oü ii lui font in- raconleüt ios poòles el dLíronl èlic des hornmes coui-agcux et graves avinl lioi- ;rrie,.ri;::urt'' “r “““ -íoie.-a ] 0iu ciu insliuclion la pocsie et le chant cluanl ce genre de poésic qui fait parlei avee leur caraclèrc el leurs passions. II fa„l liarle en son - ^ ce uerriers ainsi foriné se reunira dans un mais cii cx- ’ ses personnages I . Ic poèle ic loii ^rnvo IM I enseigne la vérilé. Quaul au ehant U L T harmonies plaintives, lelles que Ic niode Ivd ^ làches, lelles c,ue les model ionU et gien ‘ O ’ T ceptera que les modes dorien et phrvcricn p " ' ■ l’aulre cal,„e. En fait d'instrument, dé ,nnl enra la llule ot lp« inc(.. . “losiquc, on pros- | Ànrès . f ApiLS a^oir formé ;j p , par im régime sévère et iLr ‘c “rps l corps ainsi préparés el i ° Sja^inaslique simple. Des J médeeins, La *1: 7" nom posséder de Tor ou de l’argenl, mais inêine d’y loucher. N’ayant ríeii à convoiter, dissension el FÉlal ils iFauront entre eux aucune sera on jiaix. Tel esl le coimmmisme de Pintou. Nous ne devons ni le réglés par ne dcvroüt repré- re ‘ Cotio division esl exacLemont celle qiFavait proposée llippodamiis de Milet, comme nous le verrous dans nolre anaiyse de la Pülitiqiie d'Arislole. ® Ri‘puhlÍiiHt.>, III, 'ü-2. Ovsíav XSXTTIJXÍVOV fj.7iòejMav [jtr,òsva lotav. — lOid., V, l^i. ''E'ia[iEv yáp TTOu outs oixíaç xouxot; ioíaç SeTv stvxi, oure y^v, CUTS xt xx>iu«, ctXXi ::apè xwv «XXwv xp03-);v XaiiSávovxaç, [xiffObv x5;ç çuXhxy;<;, xotv^ rA'nvi ávxXí(>x£iv, £i jíeOvXouv Õvxio; aúXaxEç fiTvai. . ,, inoins néces' avocals. Pour juger il suflira davoU’ saires les juges el les D.
J8 LE COMMUNISME. — LA JUSTICE DAKS L ETAT (rÉP. iv). CO-MMUNAUTÉ DES FEMMES ET DES ENFANTS (RÉP. v). 19 dissimulei' ni rexagérei-. La propi-iélé individuelle ii’esl pas abolie puisquellc esl abanclonnce íi la classe inlcricure des laboureiirs et des gens de méüer. Elle supporle seulement la charge de rentretieii de la classe siipérieurc, cclle des gucrriers, dont Platon nc fixe pas le nombre qiii ne paraissent pas dcpasser celui de rnillc’. II est vrai qu’entre les guerriers lout esl commun, mais comme il& napporlent rien duns Ia communaiité, le communisine dont il s agit esl aii fond assez inoíTensif. Ce que veut Platon, c esl qnil n’y ait dans TÉiat ni riclies ni pauvres, et célait là, en elfet, la plaic des cilés grecques. II s'altache a elablii- 1’unité. à prevenir les divisions. On pent moycns qn’il propose, mais U ^ nettenienl inarqné le bul à alleindre. L Ltat étant ainsi conslitué, Platon s'abslient dc lui donncr des lois. Lois civiles et criniinelles Cette noiion de la justice dans PÉlat conduit à Ia solulion de la queslion posée au début du dialogue. La justice dans 1 iiomme n est aulre chosc que Pliarmonie, Tequilibre entre les trois íacultés de làine. L’iujustice consiste dans la rupture de cct equilibre. Le problème est ainsi résolu et Ia discussion semble íerininée, mais sur plus d’un point il reste encore des doutes à éclaircir, ct tout d abord bien aulrement mais se presente une question .. . , a clé parlé jusquici, cest celle de la cominunauté des femmes et des enfants. Sur ce point, Platon ne sexpliquc qu’:.. grande hésilation et beaucoup de reserves. II finit dant par admettre celle préjugés contraíres, grave que celles dont il avec une cepencommunauté. Itlalgré tous les il veut que les femmes soient mises aux mômes exercices que les bommes et accompli: sent les mêmes fonctions, dans Ia mesure ou elles y soní propres, car, au point de vue de PÉtat, il n’y a entre riiomme et Ia fcmme qu’une diffórencc du pl Dc cette contestei' relficacité des souis- , organisation judi' ciaire, procedure, lois douanicres , tout cela est nécessaire sans doule, mais ii faut laisser d’y pourvoir. IIs le feront sans la Conslilution loudamenlal aux lois religicuses faut les deinander. aux citoyens le soia peine s’ils rcstent fidelcs à c qui vient d’êtrc tracéc. Ouant c est à 1 Oracle d’Apollon Pythien qu us au moms. premiere loi Platon passe a une autre ainsi conçue : « Les femmes des à tous. Aucune d’elles n’habitera en parliculier deux, et les parenls ne connaitront pas leurs enfants ni ceux-ci leurs parenls*. » Voilà guerriers seront communes toiites avec aucun Et maintenant qu’esl-ce que la justice dans TÉtat? Sui" vant Platon, cest 1'accord, riiarmonic entre les trois classes. II y a dans rdnie bnmai diales, à savoir la raison tinct disposilion bien clioquante. Platon ne s”est qu’elle avait peii de chance d’cfre acceplée, ct, en effet, elle lui a valu des reproches amers. Ces prochcs sont méritcs; toufefois, il faut se tenir en -arde contri! toutc exagération; si Platon admet la ° c’est dans de certaines limites et à certaines conditi D’abord il ne s’agit une pas dissimulé ame trois facultes primorle coeur, Ojjj.ór et Pinsy a trois vertus qui sont la pLrfection do ccs racuUcs, à savoir la sagesse. opWr,,’.;, est cdw’ ^ffcrívY;. La première I r scconde celle des guerriersCuani a la trcs.eme, olle aapparliont en proprc ú aucune classe e s impose a toules les trois. Lorstrue les clioses smvenl leur cours nalurel et que chacun marche dans s» voie, toul est dans 1 ordre et lajnslice ròg„e dans FElal. re5 11 commnnaulé, -ions. comme on vient de le voir, que de Ia classe des guerriers. La règle ne s’appliquc pas laboureiirs et artisaiis, cest-à-dire à la plus grande parlie aux ^ Republique, V, 7. Tà; yuvaixaç rautaç tSv «vSpwv toÚtwv ttcÍvtwv TTOffaç sívat xoivàç, itia Ss iA-/|Ôevi [triSsiAÍav auvotxsTv xat tou; TroeiSaç aZ xotvou;, xal ixiÍts yovÉa sx^ovov eiòsvat tÒv a&Tou, TOtSa yovsa. Republique, IV, 2. K«1 £àv txovov t ●:Tpo7:oX£p,oúvTWV. wv
l’édücation (rêp. v). nn séoat de niille membres organisés en une sorte de Cor poration religieiise. II y a aussi quelqiies trails empruntés aux lois égypliennes. Aii surplus, le tableau trace par Platon nest ni complet ni dcfinitif. Sur bicn des points qui seraient esscntiels on ne voit pas clairement qiielle est sa pcnsüc. II est donc inuliic d’insister sur les dctails, ui de critiquer scrieusoment raberraliou des moyens proposés. On a dit avec raison que 1’Élat ainsi constilué rcsseinblcrait à celui que les Mamelouks avaieot créé en Égyple et que rexpcdilion française renversa au siccle deroier. Mais, tout cela écarté, il reste une idee mailressc qu’Íl faut rctenir et approuver, c’est que le gouvernemenl des sociclés dúit êlre remis aux plus instruils et aux plus sages. Leur prospérité est à ce prix. Oucls sont donc les sages, et par quels chemins peuton parvenir à la sagesse? C’est là une qucslion purement philosopbiquc, et les développemenls auxqucls Platon se livre ue sont pas de noíre ressort. Disons seulement que réducation tclle qu’il la conçoit repose sur 1’étude des malhéniatiqucs. L’arilhmétique, la gcométrie, 1’astronomie, telles sont les Sciences fondamentales. Elles conduisenl f\ Tctude de la dialectique qui, à elle seule, doit occuper cinq années, de trente à trcnte-cinq ans. Le philosophe ainsi forme passera cnsuite quinze ans dans les fonctions publiquesd’ordrc secouclaire. Ce sera pour lui unenouvelle et decisivo éprcuve. A cinquante ans, parvenus à contemplerle bien dans son essence, ces sages parfaits se voueront à Tétude et à renseignement de la philosophie, en se cliargeant à tour de role du pouvoir politique et du gouvernement. Tclle sera la classe des magistrats. Pour éptiiser la question de la justice, il reste à savoir si elle fait le bonheur, et réciproquement si Tinjustice rend riiommc malhcureux. Dans Texamen de cellc ques tion, il convieut de suivre la ineine méthode qui nous a conduit à la solution de la premiòre et d'étudicr le caractère moral de TÉlat pour arriverensuite à celui de riiotnme. 21 COMMUNAUTK DES FEMMES ET DES ENFANTS (rÉP. v). 20 de la populalion. Quant aux guerriers, hommes et femmes, vivanl ensemble dans un mômc cainp, prenant leurs repas en comiTuin, parlicipant aux memes cxerciccs, il est indispensable que leurs unions soient soumises à une disci pline toute militaire. Elles auront lieu par ordre et sous rauloritc des magistrats. Elles seront meine consacrécs pai' la rcligioii. 11 parait bien qu'elles seront tomporaires, car le magistrat qui peut unir peul aussi séparcr. Le poiut esscnliel est que cc magistrat praliqucra une sorte de sclecüon. La fcmme aura de vingt à quaranle ans, riiomine de trente à cinquante-cinq. Ilors de ces limites d’age, toute Union sera considérée comme criminellc. On obtiendra ainsi une rieure. Le ne race perfeclionnóe et de qualité supéinariagc nest donc pas complètemcnt aboli, il est dénaturé. Une seule chosc est absolument supprimóe, c est la relatiou dc pere et de mèrc à enfant. Par là lous les ciloyens seront . égaiix, et comme ils ne pourronl se di.stinguer les uns des autres, il n’y aura plus dans l'Élal ni d.visions m querelles iiüestinesL Un mèmc espril animera loul. Tel est du moins le ròve du Platon. Mais cn admeltaut qnc ce réglme monstrucux soiL utile à 1 Elat, esl-il possible?.Platon reconuail que la réalisation esl au moms difficile. Lc tableau Yienl de tracei’ n’esl après t()ulqu’un idéal. On s’eii que le gonvernenient sera confió à discussioii rapprochera d’autanl plus - (Ias pliilosoplies. La se trouve ainsi portée sur un nouvoau Icrraiu, el elle y reslera jusqu’à ia fin du clialof^ue Au fond, nouveau plan de original qu'il ne lc parait. II est l... , constituhou de Lacédénione, donl il exagero la rigucui'- ensuite aux consliUiüous pjlhagoricionnos des xilles la liiaiide-Grece ou lous les pouvoirs élaienl excrcós,|'í“' ce republique est moius emprunté avant loutà í^ignalons eu passant ime digrossion sur les lois de la guefre eiitie Giecs. ll.y a la de grandes el belles idees sur le droit . gens entre iiations civilisées.
22 LA TYRANME. —LA JUSTICE DANS l'iIOMME (RÉP. VIII, ix). 23 GOÜVERNEMENT (rÉP. vm). LES FORMES DE L Élal juste est 1 aristocralie, c est-à-dire Ic gouvcruenicnt des meilleurs. II y a qualre autres formes de goiiverneiiieiit plus ou moins injustes. Ce sont la timocratic, l oligarciiic, la démocraüe et enfin la tyranoie. Ellcs se produisent Ics unes après les autres, par une sorte de dégénération. Yoici comment : quelque sohi que les magistrais apportent dans 1 exercice de leurs fonctions, its ne pourront pas evitei' certames fautes. La classe gouvernante ne sera plus parfaite. De la des divisions. Le regime aristocratiquc ne pourra se maintenir, la passion dc s’enrichir prcndra Ic dessus; on partagera et on sappropriera les terres et les maisons. Quanta la classe inférieure, elle pcrdra sa liberte e sera reduite en esclavage. Les gouvernanls ne seront plus des sages; leur volonté n’obéira plus à la raison. Amsi lambitioQ et la brigue rcgneront dans 1’Élat. Le cai adere du simple citoyen se modifiera de la môme nianiere. Enfin, Texcès dc la liberte conduit bientôt au mépris de loulc hiérarchic et de loute discipline. Les ainbitieux et les démagogues s'empareQt de la direction du peuplc et le conduiscnt a la gucrre centre les riches. Dans cette troupe, il y a toujours un homme qiii s’élève au-dessus des autres et devicnl le chel. Cclui-la multiplic les poursuites judiciaires, il verse le sang et exile. II scduit la rnultilude en lui promeítanl le parlage des terres d labolition des dettes. Bientôt il ne lui reste plus qu’à devenir iyran pour ne pas perir a son tour. II conimcnce par se faire donner une garde pour proteger sa personno menacée, il promet tout cc qu’on veut et fait des iargesses à lout le monde, afin de se faire mieux acceptcr, mais bientôt il jette l’État dans la guerre étrangère afin d’occupcr le peuple et de I affaiblir. II se défie de tout ce qu il y a dc gens indcpendants par leur caractcre, leur situatinn, leur fortune, et s cn dõbarrassc par tons les moyeus. II recrute sa garde avcc des étrangers ou des esclaves. Pour les dépouille d’abord les tcmples et vend les cboses juiis il vit aiix dépens du peuple, et si le peuple resiste il le frappe sans pilié. Voilà la tyrannie et voiià aussi le tyran, c’esl-a-dire 1 homme pcrvers qiii ne songe qu’à salisfaire ses passions et commet au besoin tous les crimes, voit qu il uc faut pas confondre la tyrannie, qui est gouverncmeiUs, avec Ia royaiité, qui en est Je car c est laristocratie à sa plus haule puissance. Le gouvernemcnt le plus juste est donc le plus conforme à la raison et le plus propre à assurer le bonheur; ici cncore il en est de riioiume comme de i’État. Le pI--' juste est eu môme temps le plus heureux. 11 u’v i La limoc-atie conduit bientôt à Foligarchie. c’esl-à-dire a regnne cens.ta.ro, II n’y a plus dans l'État qno dos íès a, Ires uns conlrc les auUes. bons ce reg.me, l’l.o.nme s enrichir. Le mal payer, i . sacrécs ne songe plus qu’à va to..joi.rs s’aggravant. L’usure d’un côté la píufh ri 1 de plus’en ^ .TO “ '"'^‘'dianls. j..s,,u’à ce que la .,uc.re eclalo. Alors a.T.ve la dò.iiocralie ● ayant rempo.dé la vicloiro sur les riches ’ qu^restenTL'' “«e oeuv sort Sons ce r Pe‘di?ues sont décernées par le * I . , lout est anarchie et désordre Le meme phcnomène se i i- ‘●‘'Soiüic. l. mii n’n nliiQ rTocf H^duit dans 1 ame de rhornine, qu. n a plus d est.me n. pour la Science ni et se l.vre aveuglé.nenl ô loutes ses passions On le pire dos meilleur les pauvres, massacrenl los us v a pas dliomine plus malheureux que le tyran. Uànie Iiumaine ne se goiiverue jias aiitrement que ]’Etal; cest aux facultes les plus iiautes qu il faut donner 1’empire, subordonncr 1 inslincl à la volonté et cclle-ci à la raison. La verlu trouvc sa recompense en ello-méme. illais cette 1’écompcnse nest rien en comparaison de celle qui ratteiid pour la vertu , au Joui● le jour.
2, CRITIQUE D ARISTOPHANE. rctour en Gréce, c’est-à-dire apròs Tan 390. II est dooc permis de conjecturer que la Répiihlique a etc écrile avaiiL 1 an 393. Mais, s’il en est ainsi, il faiil admellre que, dans VAsscmblée des femmes qui fut representée à Alhòncs 393, Aristophanc a eu précisément en vue la Republique " de PJaton. A lappiii dc celle conjecUire on pciil faire valoii* celle circonslance que la communauté absolue des biens et des femmes est une idée qui apparlenail en propre à Platon. Cola est affirmc sínon par Arislote lui-même, du moins par un de ses disciples, dans un passage que nous lisons dans la Politique'. La critique d’Aristophane ne peut donc s’adresscr à un autre que Platon. 11 n’est pas probable, en eíTcl, que le poete ait imagine lui-niôme Ic système pour le lourner en dérision. II est vrai que Praxagora, dans la comédie d’AHstophane, va plus loin que Platon, car Ic communisine qirellc établit est absolu et non restreint h une cerlaine classe. Elle ne se borne pas non plus à établir rógalitc entre les dcux sexes. Elle ronverse les roles et enleve le gouvernement aux bommcs pour le donner aux femmes. -Mais il ne faut pas s’arrclcr à ces dissemblances. N’est-ce pas une habilude des poèles comiques de forcer les traits pour provoquer le rire? Arisloplianc peut bien cliarger Platon dans VAssemòiée des femmes, comme il a chargé Socrale dans les Nuées, mais il ne ciiange rien aux argumenls. A entendre Praxagora justifier la communauté des femmes ct des enfanls, et monlrcr les heureuses conséquences de celle reforme, on nc peut se défeudre dc Tidéc qu'clle a lu la Republique. « 11 faut, dit-ellc, que tous possèdcnt touten commun et viventdu mémc fonds. On ne verra plus Tun riche, lautre 24 COMPOSITION DU LIVRE. dans une autre vie. Le dogme de rimmortalilé de riiine est la conclusion de toule la discussion. Telle est la Republique de Plalon. Avant dc passer à 1 étude des Lois, il n est pas sans intérôl do voir conimcnt la reforme proposcea éíé accueillie par des conlemporains. La Republique n est pas un ouvrage composé lout d’unc piòcc. Une lecturc attentive permet d’y rcconnailre des parties différenlcs qui se distinguent assez facilcmenl les unes des autres. Nous en avons, au reste, sur cc point, un témoignage direct, c’cst cehii d'Aulu-Gelle, qui s’appuic lui-môme sur les renseignements fournis par les biographcs de Platon et de Xcnophon'. D apròs ces anteiirs, dont il vanle la curiosité et rcxactilude, Aulu-Gclle nous apprend que deux livres de la Republique parurenl avant les autres. 11 ne dit pas lesquels, mais on peut supposcí’ que c etaient cerlams chapilres des livres 11 à V, dans lesquels Plalon expose son idéal de que la lecturc de gouvernement. 11 ajoulu ces deux livres decida Xénophon à ecrire, reponse, Ve. Cyropédie, c’est-à-dire un idéal monaithiquc, oppose a la republique revée par Platon ^ Celuíci s eimit a son tour, et répliqua dans le Iraité des Lois ou il parle dc Cyrus comme d’ua liomme habile et courageiix, niais depourvu d’éducalion\ Amsi la Republique, ou du moins la parlie de la Rép^í^ Muiue ou Plutou expose sou idéal de gouvopnemont a ctó composec et publiée avant la Cympédie; ar la Curopédk pruiiici ouMage composé par Xénophon apròs son en vita et mo- » Plalon, Lois. III, 12 : stato mo ' Aristole, Politique, II, 9 : IlXáttüvo; (ÍStov) -55 te twv ●/.al zat5u)v xai tvíç ojçía; xoivÓTr,ç.
■21 á6 CRITIQUE D ARISTOTE. roDS celte discussion quand nous parlerons de la Poliiique d’Aristote‘. Ce qu'ilsu(fit de signaler ici, c’est le discrédit qui parait s’êlre attaché aux thcories de la Republique. Arisíote cn parle comme de rêveries qui ne soutiennent pas rexamcn, et au surplus Platon lui-meme semble ea avoir fait boa marche il Ta du moins abandoaaé dernier ouvrage, ie Dialogue des Lois. CRITIQUE D AUItjTOPIIANE. misérablc, ai runcuUiverime lerrc iminense quaadrautre n aura pas un coiii ponr s y fairc cntcrrer, ni 1'un servi par uae foule d esclavcs quand l’aulre n’aura pas inôme UQ serviteur. Non, il n y aura qu’un seul genre de vie, coiamua à lous et Ic meme pourtous la terre communc à tous, ainsi que 1’argeat et tout ce qui appartient a chacun. Uae íbis tout cela mis cn commuii, c est là-dessus Je ferai d’abonl car s’il n’a pas renié soa système, en fait, lorsqudi a écrit soa que nous voiis nourrirons en lionues et economes méaagères, attentives à vos besoins*. .. \oila pour les bieas. Quant aux fcmmcs <c cllcs aussi je les mels cn cominuu. Elles se donnoront à tout venanlol en aura des enfants qui voiidra^. Voici maintenanl les « On ne ' Aristoíe, PoUtique, II, 1. avaníages du système : verra plus désormais imlír-íiinn 1 de 1’audace maltra.ter les autres, m rendre de faux témoi-na-es faire metier dc svconhanle^ i . noripr , m \o)er des vêtements, UJ porier envie aux voisin'; Pn«; nn no o V- Plus cValTcoats, plus de saisies^ ™ ● P^s un paupublV\< Nc^ion'' r'""' de 1’ordrc ^ Pou^ant plus reeonnaitro leur nèrc les eiifanls se regarderout comme les fils dn i ’i plus âgés qu-eux , à distaace suíLalte O pL '7*"' qu ils seront exposés à commettre des ir et prendre la défense du baltu leup père» Une ni vonl aceouqui pourrait Jiien etre de reformo soeiaÍ ^««cusoment disculé. Nous rolrou4- |^Aristophaae,'ExH^„iÇ„„,„ 2/ia/., V. 6U-61S. ® Ibid., V. 560-5()7. * Ibid., V. 63B-6.Í3. Platon «v .● mais au fond les arffiiments<5nni termos plus sérieux, gumentssonl les memes. Upubliqne, V, p. i6'iV. o90-t)ü0.
LES LOIS. CI-IAPITRE PHEMIER. DES LOIS EN GENERAL ET DE LEUR OBJET. Pròs dc quuranle ans se sonl úcouiés dcpuis que Plalon a ócril la liópublique. Le pliilosoplic a vicilli, cL aulour de lui 011 nc parle pliis de réiorine socialc. Sans renoncer cxprcssenionl à scs rôvcs de comiminisnie, il consciit du nioiiis à les rolcgiier dans lo doniainc de la spúciilalion. II sorl de ralistraclion pour enlrer dans la féalité et donne dans le Dialoijue ães Lois sa penséc définilivc. Celle íois, il s’agil non pliis de consU-uire la société luunaino sur de . nouvcaux ídndemonls, an risqnc de laii-e violenco à 1 naturo, mais d'élever un monunieul de législalion; j)Our roussir dans uuc cntreprisc do cc genrc, il ne sulTit pas de consultei' la raison. 11 faut eucore s’ap)myei‘ sur rexpóncncc. Plalon le sait el jellc les ycux autonr de iniíjucédómoue et Alhèncs lui fournissenl les <leiix lypes les plus complels de la civilisalion lielléni([uc. 11 Icur enipninfera cc qui lui parailra le nieilleur, amendanl au besoin, íaisanl du loiil un cnsciuble bien lie dans loiiles ses para or.
1 OBJET Dli LA LOI (lOIS Ii). 30 31 LOI (loIS l). OBJET DE LA ol sont nioÍQS des verliis dislincles que des élemenls de Ia vertu ties I cn sorte qu’aujourd’hui môme, siccles, son ouvrage peut encore servir d’ÍQtroduction à ; 1 étude du droH grec. Un Alhénien après vingt-deux Le bonheur, c’cst-à-dire les avanlages maléricis leis que la sanlé, la bcaulc, Ia vigucur, la ricliesse, n’est poiir le législaleur qu’iin objel aceessoire. II a sans doute son prix, mais coniine il est la eonséquence et la recom pense de la vcrlii bonheur sera donné coinme par surcroit. lei est le jirincipe de loulc boniie législalion. II faut s en inspirer loujours, mais phis particuliòrement en rnatiòre deducation. En elTel, Téducation est un des Inoyens les plus propres à porter Ics citoyens à la vertu, cn élevant le niveau moral. Dans les objets qu’elle comporte musique, le chant, la danse, tout doil êtr ramélioration des Iiommes et dans celte I qui n est autre que Platon lui-meme, se \ rend en pelennage au monl Ida, poLu- visiter l’anlre de | . upiter Chemm faisant, d rencontro lo crclois Clinias et ' 0 acoc omomon Megdle et Ia conversation tombe sur les | Lveur'..,,? “1 ,? P'**- Jupilerb » nas oin, cPAthèncs n’étaicnt panni ies avait été rangí 1 ,● P saç,es. Les trois chefs-d’ccuvrc de la Ic^^is- £"s::r"'."' «ríJdV positive- mah il ^ discussion aura une base inslitiiliòns exista^nteV^^PAdd vcut savoir la raison do<! l pbilosophc ; d’examiner ies lois i chcrchc Tideal. Avant ■ locuteurs, aux nrincinos^ i’emonte, avec ses intei- ; discussion est longuc ^semTe^Tí^V^'^ législalion. ; à dessein. 11 n’est me d- í ^ *^l'gressions, brisée -rni d’en pren<fr:Ltuü:[r ' gi*and bien^X l’bo'nmrest'k lojjjet que la loi doit sp r,.. * “PPlieatioDs. C’cst b‘ qiPun expédient sup^ére ''■■'«‘●“■'l- el dès lors ^ ^f‘»Dçe. Or la vértu C est la prudenc justice el le c’est à cclle-ci qn’il faut s’aliacher. Le la combine pour pour le plaisir. C'est peiisée que la sagesse égyptieiinc a iniposé aux ariistes certains lypcs dont il n'est pas perinis de s’ccarlcr. On ne se contcnlcra môme pas, comme à Lacedéinone ct en Crèlc, d’excilcr le courage ct resprit militairc. On se proposcra un but plus eleve en s’efTorçant de propagei- Ia vertu, prisc dans son acception Ia plus liaute. C’esl en ce sens. par exemple, qu’il faut rérormer Torganisalion des ciioenrs, cetto inslilution qui Joue un si grand role dans la vie des soeiélcs noii greeques. Comine à Lacédémone celui des cnfaiits, cclui des jennes Iiommes et celui des hommes fuiís. Mais on aura soin de ne pas abandonncrle jugement dos conconrs aux suíTraf^es du [uiblic enliei-, volanl à main levéc. On ne confier fouclion qu a des Iiommes d on soumettra les choeurs ; on aura trois chooni-s a cetle capacite eprouvéc. Enfin, lu regime (lui leur est nécessaire’ en mterdisant aux enfants Tiisage du vin, cn limitant cet usage pour les jeunes gens L uno circonslances, adopte de sans valeur au poinl do ^ 0» plXd'p^’ bar excellence, courage dérivi-m'^ raison. La lempérance, í» "■nt al procèdenl de la priulcnce vue ' Celte analyse des vcrUis est la môme que cclle qui se Lrouvo dans la l\epublii{ue. V. plus liaul, p. 18. ® La loi créloise dcfeiidait de s'exercer à boire jusqu’à 1’ivresse. V. le }iinos aUribué à Plalon. V. le dialogue intilulô ir to,sesysonl do„„éosoomtf ^ Les lois cróayaiu servi de oiodèle à celles de
MORAÜX ET RELIGIEUX (hOIS IV, v). 33 PRIXCIPES OBJET DE LA LOI (lOIS IXI). ' 32 Lü Lul élanl aiusi marque, la voíe esl tracóe, il ne resle plus qu a Ia suivre. L’occasion s’cn presente bientôt. Plalon suppose que Ics Crétois ont tlécrélé la fondulion d’une colonic, et que dis commissaires nommés par la villc de Cnosse sonl chargés de donner des lois au nouvel État, en prenant ce qu il y a de meilleur dans les lois de la Crète et des autres pajs. Les trois interlocuteurs enlreprennent de préparer un projel. Id eominence la partie juridique du dialogue. II ne s’agiL pas, on le voil, dame ceuvrc d’i~ magination ni dc spéculation abslraile. Platon fait choix parmi Ics institulions cxislantes; parfois il corrige, Il aiucnde, mais sans s ecarler bcaucoup de la réalitó. Cest cc qui fait le mérile dc son travail aux yeux des iurisconsultes et des hisloriens. On peul le suivre cn remontant aux sources, et quant aux idees qui lui apparíiennent propre, elles sonl dignes datlention, car elles nous font coiinaitre ce que les Grees pcnsaienl dc leurs lois. Toulefois, avanlde parler en législatcur qui commande , la ou croil dcvoir employer la persuasiou. Dans uh long prologuo il expose en slyle magniílquc les grandes vòrilds moi-ales qui sont Ic lien de Ia sociélé liumaine. Lcxistence de Dicü, le culle qui lui esl du, envers ses parenls conciloyens, To u les Comine on levoiL, Platon n’est pas un admiraleur sans reserve des inslilutions doriennes. Ce qu’il leur rcproche c’est d’ôlre faites Irop exclusivement en vuc dc Ia giicrre. « Yoqs autres, dit-Íl a I\Iégille, vous avez des lois bonnes pour des gens qui vivent dans uu camp, et non pour des habitanls dTine ville. Les exercices gyinoastiques elles repas communs ne sonl pas sans inconvéniont, carils faYorisent les sédilions. Les lois crétoiscs inlcrdiscnt d une manicre absolue loute espècc de divertissomenls. Cellcs de Sparle proliibcnt les banqueis, tyu;j.-s7i2. En cela elles vonl tiop loin. Les banqueis peuvenl êlre utiles comme moyen d éducalion pour aceoulumer les hommes à vivre onscmble, à se coniiaitre les uns les aulres, et à garder la modération dans Tusage des plaisi Cest donc la vertu parfaile que le Icgislaleiir doit avoii’ vuc Si cc principe esl observe, 1’État esl prospere. S’Ü esl neglige, 1 Etat se corrompí ct se délruil. La dómonsleauon de cello vérilé esl donuce lanl a 1 origine des sociétés par 1’état palriarcal, c-jvajun rs. cn en par 1’histoire. l£n se repoi*' on voit qu’elles ont comnioncn . íí- Du Icmps de Plalon on .●cmonUul pas encorc au dclu, L’agglomó,-aliou des fainilles a cnsuitc ioi-ine dos nalions. Pour fairc vivre ces fauiille? ensemijie jl a faliu iusliluer des lois et des man-isirals On “ passé aiusi de l’étal patriarcal à l’aristocralie 01”;! la rovaiilé- .a dcmocralie est venue en dernicr licu, lAIais presque es hlals amsi fondés se sout ruinés par |■cxagél●ation ciir príncipe. Lacédemone a seiile pi-ospéi-é pai-ce iru’cllo » su teiiipercr le pouvoir royal par Imslitiilion du Séuat el dos ophoi-cs. Alhènes s’esl cratie, la Perse jusle car, i Ics devoirs de cliacun onfauts, ses proches, ses amis, ses , les égards dus aux suppliants. CCS obligalions dériveiit d’une idee rcligieuse. Toul nomme est teiui d’houoror sou ame, c’esl-à-dire de pecler lui-mème, de dire la vérilé, de poursuivre luiiuslice, de luir 1 envie ct la calomnie, de pratiquor cl d'inspircr aux autres Ia lempérance, la prudence, Ic coura<^c niêlé à la doucour, de ne pas ccouter les conscils de Iv inour-propre, de resler toujours maitre dc soi-meme, ei de metlre cn Dieu sa foi cl sou esperance. Tcl est l’idéai que riiomme doit sc proposcr. En le réalisanl dans la mesure de ses forces, il assurc son bonlieur. n esl jias le premier législatcur qui ait eu l’idée a\aut de coiiimander, el de placer un catéses ses hôtes touS se resde perdue par Eexcès de la dcih^^' par 1 exces dc la monarchie. Jugcnionl ih moment oii écrit Pliilon, Lacédéinouc est ilíj^ eu plciiie decadonec, ot la piiissance allióuicuue ii'est oncore brisee. Mais la concliision do Plalon moins juste. Ce sont ia iiiodératioii ct la sagesse, qui cousorvciit ps États; or la sagesse eouseille dc fcf'’ reguer dans un Étal la liberté. la concorde el la raisonest n’cii Plalon ♦ d;- persuader D. 3
1 34 35 príncipes MORAUX et RELIGIEUX (eOIS IV, v). chisme cn letc du codc. Sans parlcr dos jiajs de l‘Orient, oü le droit et la religion se confondaient dans nne inôme révélalion; sans sortir du monde grec, oíi !c Icgislateur parlait' en son noni touL cn se prévalant d'iuic inspiratiofl divine, Zaleucus et Charondas, qui avaient donné des lois aux Grees d Italie et dc Sicile, avaient procede de Ia inêine façon. Leurs prologues nous ont éte conserves, qiioique probablcment interpolés i\ une époque bien postéricure, ne saurait nierqu’ilsaient existe puisque Cicéronen parle. Cetait pent-être une tradition pylhagoricienoeCicéron s’y conforme dans son Traiíé d>;s Lois, quoiqi‘e en Icrmes bcaucoup plus brefs. Les Romains, avec leiir sens pratique, n’élaient pas favorables à cet usage. Sénèque’ Ic blame cxpresséinent : « legem cnim brevem esse oportet quo íaciliiis ab imperitis tenealur; velut ejnissa divinit^‘^ | ^ox sit, jnbeat, non diaputet. » CHAPITRE II. FONDATION DE L‘ÉTAT. mais on Une cité va donc se fonder. Toiit h 1’heure elle recevra code de lois politiques et civiles, mais avant tout il convient d’assister en quelque sorte à la naissance dn nouvcl Élal. En voyanl commeot il s’est forme, nous dólermincrons par-là meme les conditions essenliolles de son existcncc et le caractòre parliculier qui Ic distingue. Les lois qn’il s’agil dc rédiger sont deslindes à une colonie, c’est-!\-dirc à un État qui commence. Le législateur n est pas lié par un passe à liquider, ni par des babitudes qui ne peiivcnt ctre cliangées en un jour. II peut, s’il est permis dc sexprimer ainsi, tailler en plein drap. Laville sera conslruite A 80 stades de la sera ainsi d’un accès facile un ‘ Cic., De legiOns, II, 6. * Seaec., Epist. XCIV. mer {13 kilomèlres). Elle sans avoir les inconvénienls dcsvilles marilimes, dont la population se corroinpt facilement par la pratique du coinmerce et le confact trop fréquent des clrangers. C’est aussi le molif donné par Cicóron, dans le traité de Ia Republique*. En fail, la pluparl des villes greeques ctaient situécs dans des conditions Cicóron, De republica, livre II.
37 INSTITUTIONS DORIENNES. ÈLÉMENTS DE LA CITÉ (loIS V, 8-12). 36 cFalors. Los Doriens Ic pratiquòrcDl parloul, et notammení à LaccdémoneL semblables, mais par d*aulrcs raisons. Oü voulait Ics metlre à Tabri d’une surprise par mcr, Ics rendre plus faciles à défcndrc. C’est pourquoi on Ics plaçait sur dcs hauleurs, à une ccrtaine dislance dc la mcr. Lc nombrc des citoyens primitifs sera de dnq mille quaranlc. C’est:i peu près le nombre généralemcnt adoplé en Grèce pour'^ fondation dcs colonies. 5,040 a Tavantage d’avoir 59 diviscurs, parmi lesquels lous les nombres de 1 à 10. C’esJ donc le plus commodc, le plus proprc à établir TágaUté entre les diíTérentcs parlies de lÉlat pour la répartilio*^ dcs avanlages et des ehargcs. Après le lerritoirc et Ia populalion menl csl encore à considérer. C’esl lc culte, avec ses et ses asscmblces. Ici du moins il n’y a rien à creer. fondalcitr du nouvel Étal n’a qu’une chosc à Caire, pectcr et mainlenir tout ee qui existe, et n’y rien ajon avoir consullé les oraeles de Delplies, de Dodonc ou de .liipiler Amnion *. Ennn, lc (lernier clcmcnl du nouvel ÉUil est la ricbessc- ’ ce point imporlanl. Plalon fail une concession Idees et aux habiliidcs dc iminisme absolu Ces paris, mcsurées aii cordeau cl tirces au sorl, -/.Xí^psi, élaient-clles toujours égales? La tradition raffirme. II y eut cependant des cxceplions, par exemple à Corinthc®, et il parail probable que les chefc eurcnl une part plus forte®. Mais ce qui est certain, cest que jiartout dcs mesures furent priscs pour assurer la perpétuité des doinaines ainsi coQslitués, cliose importante non seulement aii point de vue mililairc, mais aussi au point de vue politique et social, car la torre ctait alors la principale richesso, et la richesse était la condition du pouvoir. Ces domaines furent donc déclarés inaliénables, souvent meine indivisibles. En Élidc clfi' fetes un troisième une ancienoc loi défendait do les engager, c’esl-àdírc de les donner en anlichrèse, parce que c’élait les délourner de leur airectalion .V Corinllie, la limitation du nombre dcs paris conduisil à limiler le nombre dcs ciloyens®. Mais ces mesures nc purcnl èlre mainlenues ou se Irouxèrenl insufíisanles. Ellcs ne paraisscnl pas avoir exislé eu Crèle ler sans oü Ia loi de Gorlyne permet de vendre, dc partager cl d'hypolhéqucr librement les fonds dc terre. Ellcs furent abrogées à Leucade®. A Locres, en Ttalie, les crcanciers furent admis à poursuivre rexproprialion de leur débiteur A Lacédemone, une loi porfee par Tépliore 'qútadée, vers I’an 400, mainlínt rinlerdiction de vendre les lols primitifs, mais permit dc les aliéner ;i lilre graluit, soil enlrc-vifs, soit par Icstaments. En Sur son sièclc. Au syslèmc dc a soulenu dans la Rénulilique, ul s ,tue «nc orgamsation e,n,„.unlóe pouv le fond n.t.tul.ons donennes, et qui va devenir la loi foudanic»' lale du nouvel Elal 1.0S meme temps les- Doriens óUdent dos conquéranls. Parlout oü ^'in.ples colonies, ils côni deus ' Wou eu laissec quelques-uues , ni ' l--vait evlo.-n>|; su 'lè s I ,o ^‘'ffisaute pour assc*» sui lc sol tous les vaiuqueurs. Célait lo dro t des g“>’* ■ Arislole U, 6. - V. Gilbert, Gricclmchc Stmtsalterthnmer, l. l, p. 10. Hermami-Tliuniscr, ò7fmrç«/<c>r//iH?aer ® Arislole, PoUlique, II, 3. ® Gilbert, iOid., p. 13. * Aristote, Politique, VI, 2. IbUL, 11,3. ^IbuL, II, 4. ’ IbuL, II, 4. seul*^
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