r \^c s>- ^ 2-V / / ● Runí JHIÍRING vo\ r, r LIVOLLTIOA’ DC DROIT iZVYECK IM RECHT) ► ■ 1 r .Srn LA ÉDlTIuN AI.LKMAXDE I' \ ■; O. DE M KUI.KXAEllE C o N S I- I I. 1. I< K A I. A C O U K D 'a r I' K L 1> K fi AND PAUIS Libraiiíib a. MAKESCQ, Aíné tni E VAE I EH-M ARKS C Q Éditeurs 20, rue Sovfflot et 17, ruo Viotor Coasin ET MCMI Giiii'l, imp. Ad. Ilo.'te. 1
A MONSIEUR EDMOND PICARD ANc;iI;N IlÂToJiNlLlí UK L*OIiDl!l-; 1>1 S AVOCATS l’HÍ;S l.A COUU DE CASSATtON DK m.l.CUOUE SÉNATEUn l‘IU)I’KS6Eri; A I.'i:NIVERS1TK NOUVELl.E DE BKUXELLES ArTErn de DIWIT Pili I I i i I 1 L
Dans votre beau livre intitule : Le Droit p2ir^ vous avez brillanunent renclu bommage à celui que vous appelez un extraordinaire jurisconaulte, le plus grand (vous le croyez fermement) du XIX® siòcle. Jhering est un puissant frappeur d’empreintcs, et dans son style image, il a reussi, avec une extraordinaire pénétration, à mettre en lumière les arcanes les plus subtils, Ics abimea et les trcfonds du droit. Dans la partie coinplémentaire dc votre ouvrage, consacrée ii rhistoire de rencyclopédie du droit, vous caractérisez en ces termes le role de Juering dans révolution de la Science du Droit pur(p.502): // Jhering // apparait et propliétise. Vainement il se pose en romanistc. Vainement ses ouvrages les plus consideres sont " consacrés à 1’étude approfondie de la législation fameuse qui va de Romulua à Justinien. Son génie juridique " sort, à grands coups d’aile, de cette cnceinte trop étroite pour ses puissants désirs, et il proclame,tout en se jouant, quelques unes des véritea encyclopédiques les // plus signiíicatives et les plus profondcs. >< Ces paroles m’ont frappe. Elles m’ont troublé : car je n’ai fait í
rUKF.VGE. V clès les prcmiers pns elle se montra trop étroite, La notion de Xintórél fit [dace à cellc du hut pratique des droits subjectifs, et ceux-ci, eux-uicmes, s effacòrent devant le droit objectif daiis toute sa géiiéralité. í)c là, une thèse noiivclle, plus large, ])lu3 compivheusive: le but du droit, la diialité dans Toi-dre juridiquo. C\-t:iit toute la tliéorie do l’évolution appliquee au droit. Ce programme grandiose était fait pour séduire ce graud esprit. II s"y attaclia passionnément, et dopuis lS6õ, date de la première publication de sou B^prit du Droit Romahi^ jusqidà ses deruiers jours (1892), il ne cessa d’y travailler, se promettant de revenir à sa première ceuvre aussitüt qu’il aurait termiué sa nouvclle eutreprise. Celle-ci était devenue pour lui une question de vie. 11 s’agissait de prouver que le but a créé tout le droit, qu'il n’cst pns un seiil principe juridique qui nc doive son origine à un but, c’est-h-dire à un. motif pratique. L’auteur se trompait sur rétciulue que preudrait son travail, et il en convint ingonumeiit, lorsqu’a])rès la publication d’un preiiiier volimie, il constata que non-sculement il ne pouvait prévoir la tin, mais qubl se trouvait devant une autre thèse plus vasto eiicorc, et qui devait rentraincr infiniment plus loin : le fondement de la moralité. II est regrettable que Tauteur idait pu terminer son oeuvre, et la soumettre à uno revision d’ensemblc. II aurait pu supprimer quelques passagos qui semblent faire loimueur. Peut-etre en aurait-il fait deux ouvrages distincts, run consacré au droit, Tautre à la morale. Mais il n’cn eut pas le teraps.C’est dans cet ordre dhdées que je ne publieence moment que la traduetion du premier volume. 11 formo un tout distinct, et malgro do légers défauts, pRKFAfa-:. IV oonnaitre au publio de langue françaisc que les ouvrages de Jheiung qu il a coiisacrcs à 1 rtiulc du droit rotuaiii. Je n’ai donc pas assez fait pour sa gloire, ct il mo reste un pieux devoir àremplir env(;rs Ia mémoire du graud juriste : vaste, cellc celui de faire connaitre soii ceuvre la plus qui a occupé tons ses iiistants pondant les vingt dernières annécs de sa víe, et qui contient la syiitlièsc de sa pensc^e juridique toute cntièro. conduit à produire eníin cette traduetion, qui prosentait vous la dodicr. Vous ètes Ic Uno autre oonsidération m a do grandes difficultés, et à protíigonistc des philosophio du droit, et comme moi que, depuis que tout le monde s’occupe de rencontre partout, dans la prosso, ct bclles et ^astes spéculations de la vous avez assurément remarqué sociologie ailleurs aussi, les idees les plus étrangos sur des points qui touchent aux bases do rordro social. Vous verrez comment Jhertno etablit ces bases, et vous mo saurez grr,je pense,(Pavoir fait jaillir pour le pnblic français, en mc couvrant du nom dc ce graud pcnscur,« des éclairs on qui surprennent, qui éblouissent, qui répandent une fulgurance inattendue sur dc vastes espaces oü scmblait ne régner que la nuit. » Le dernier volume de VBi^prit du Droit Rowain se terminait par une cxpositioii do la théorie généralc des droits. L’auteur y examinait les éléments substantiels du droit, et, s^écartant des théories géneralcment admises, dopuis rii'GiíL, d’après lesquclles la substance du droit git dans la volonté, ü établissait que les droits sont des inté~ rêtsjuridiquement protépês. C’est Vutilité qui est la subsbince du droit. La suite de Toiivragc devait fournir ia doinonstration ct le développcment de cette thèse. Mais
i'ni:i'ACK. dont Jhering se rendait bien compte, vous y rctrouvorez, j^en siiis coDvaincu, tout le génic de 1’autcur de \'E^prit du Droit RomaÍ7i. Je ne pouvais mettre nion íravail sous de mcillcurs auspices que Ics votres. VI DV. Mkulenaerk. Voici, à litro ilc curLosiló, quoliiucs fragmonts ilc lotlres óoritcs par 1’autcur, et qid doiiiioiit sa piopre ponsóe rouvrage doiil j'ai ciitrcpris la traduction : Jo travaille en cc moinonL íi iin ouvrago auqucl jc donno Ic tíLre de Zn>cck im fíechl. Lo livre paralíra, jo 1 espere, dans Ic courant do Teté. II m’a úló sng^íéré par ma Lhéorie des droits, que j*ai traiLce dans Ic dornier volume dc Vhsp7'i( du Droit Homain, et n'cn devait. Ibrmer d’abovd qu’un chapilre. Mais la maticre a pris une tolle extension, que j’ai songó à en laii éludc complòte. Si jc réussis ii Tachover tolle que je lo conçois, clle s’imposora au penseur. Kllc exposo ce qui est devenu conccptioii actuelle du droit,notion A laquellc moi-mèmc je ne me suis ólevó qu’au fur et à mesurc dc mes travaux... ,T’y traite d abord du hiit des droHs,au sons subjectil'; du hutdu droit, ensuite,au sens objeeLif. 4 septembre 1875. — Depuis des années, je songe à un petit úcrit, dont la preniièrc inspiralion m’a été íburnie par la théorie des droits, exposéc au T. lY Esprit du Droit Homain. Mon projet originairc étail d’eii faire uii ehaijitre au chapitre prit des proportions de plus en plus étendues ; la matiòre était si fertile, qu’il devint impossible de la traiter comnje simplô fragment rattachó à VEsprü du Droit Ho7ri(ii7i.Je ine résolus d’en faire une étudo complete. (Et une partie de son travail achevé, v. J. écritj : C’est une délivrance, c'est la mise en forme de ce que depuis 10 ans sur 7 avril 1875. ■e une ma début du T. V. Mais le un 1
V I*RKFACE. vin je ròve : j’ai rnis íoiit laon juoi duns cct ouvrai^e : ce n’est pas seiilement an í’ra;,aurinL do laoi, c’est mon laoi sciontiliijuo loiil enLier, ut jc piildi-.-rai lo livro, dussó-jo jaòaiü òtrc oertaia de suu insuccôs. déconibre 1S80. — l’lus j’y (ravaille, pias aioji Lli<'‘iiio se dóveloppe : il devioiit uae sorle do 1’liilosujijiio du Droil, rcxjiosó do tonto uao scioace socialo..l’avais projoló d'óoriro une lirocliari-, et j’íiidcjã oomposé doux voluan.-s. lUon osprit soulVro à òtro à la recliorciio coustíuitií do l’cxpressioa justo... ■j L’EV0LUTI0N DU DROIT. (ZWECK IM RECHT) 20 jaiii — Moa sajol ia’omporto, jo a‘on siiis pliis lo maítro : je «lovieas I’os(davo do Jiioa livro. Jo suis comaio iin vuya;^oijr oxploraiit uao coatró‘e inooaauo, onrogistraat tijutes jaos oljsorvations, toulos mes dijoouvortos, ayaat la pioiac coavioli(.ai <[uo je roads sorvico ã l;i soioui-e. Si j’i't:iis aioa propro succ<'ssour, si biori dos clio.sos 'jiie jo crois dovoir diro avaiont ót('‘ ditos dijà, jo pourrais abroj^^er laoii rouvro. oL motiro plus d’art dans Idirraiiyeiacnt d-- luon disrours. IMais il laon livro do V h\‘pr/t dic Ijro/t /iomai/i. jaóLliodirpio à la nouvuautô do mos dóoouvortes. J’ai la oonsr.iouoo lai ost do (M! travail roanao do J’ai dà saci-iíioj' lo jdan CHAPITRE I. LA LOl U12 FIXALITÈ. Sommalro: 1. Cause et but. — 2. Rôle de la volonté de Têtre animó. — 3. L’animalj mobile psychologique de 4. Influeuce do Texpórience. — 5. Notion de la vie animale. — 6. — Le Touloir humain. — 7. Stade interne du processus de la volontó : loi de Rnalité. — 8. Xie but j sa nécessité 9. Conson voiiloir.— trainte pbysique; psychologique. 10. Contraiute juridique ; morale. —11. But des actes inconscients. — 12 Stade interne du processus de la volontó: loi de causaiitó. — 13. La volontó indépendante de la loi de causaiitó. de ce dófuiit d cipillibro, oL il uic tourmeiite. Jc luc projiose toujours d òtrc brof mais jo uroirais maiupier de justioe ou uo dóveloppant pus complòtcmciit chafine idóo nouvello, de bioon qu'elle luarque bien son ciuprciiiLe. üu poiirra iu*api)rouvcr ou luc ooiiibattro, mais il ne scra pas permis de ne pus prondre position. .●iO avrii lS8d. — Oet oiivraj^o ci, oi non Vh’spril du Droit liomain, c^ntúuit le rÓsuUsa de Louto com]irend)'u qiie 1 *rsqu'il sera terininó 1^' ICspvit du JJru/t liomaiu n’en est, dans ma vio scicutiliquG. Oii ne le ma ponsée 1. Cause et but. La théorie de la raison siiffísante nous eiiseigne qiic rien, dans 1’univers, (cansa suij. Tout événement, c’est-à-dire toute modification dans le monde physique, est Ia resultante d’une modiíication antérieure, nécessaire n’arrive de soi-même à son existence , que la priq^aration. Mais VJ'Jsp)'/l du iJro/t Itomam devait òLve ócrit pour püuvoir entamer cotto ótude-ci, dont 1 élaborutioii rciilurmu lua supròiue mission scioiiLilique, . Ce postulat de la raison, conftrmé par Texpórience, est le fondement de que l’on appelle la loi ãe causaiitó. Gette loi régit aussi la volonté. Sans ce raison suffisante, aussi inconcevable une manifestation de la volonté est qu’un mouvement de la matière. Entendre la liberté de la volonté eu ce sens que la volonté puisse se nianifester
1 3 3. lanimal; mobile psychologique de sox vouloir. 2 CIIAP. I. LA LOI DE FINAIATE. spoiitanément, saiis uii molif dctcrminaiit, c’csL cioirc au baron de Muiidiliauseii qui sc retire du líourbior eu sc prenant par Ic loupel. II fauL doiic, pour que la volouté agisse, iiiic raisoii sulUsante, ime cause. G'cst la loi uiiivcrselle. Mais dans la nature inaniiuée cette cause esL d esseiice mccaniijue (caiusu la raison de ses inanifestations, le monde physicjue reclierche ses explications dans le passé; la volonté renvoie en avant. Quia répond Tun; ut dira celle-ci. Cela ne veut pas dire cependant, que la cause fmale contieniie une interversion de 1’ordre de la création, d”après lequel ce qui est determinant doit précéder quant au temps ce qui est déterininé. Ici également, la raison déterminante appartient au présent; ce qui est déterniinant précéde quant au temps ce qui est determine. Cette iinpulsion déterminante, c’est le concept immanent(le but) de cclui qui agit, et qui le porte à agir, mais Tobjet de ce concept, c'est le futur, ce que l'être agissant veut atteindre. C’est cn ce sens qu’on peut soutenir que Tavenir renferme le motif pratique de la volonté. Lorsque, dans Ia nature, la vie se manifeste par un développement i)S3’chique, aussitôt se révòlent Tamour pour la vic, la spontanéité ct la conservation personnelles, en d’auíres termes,la volonté cl le but du vouloir. Vis-íY-vis de lui-même, tout Gtre vivant est son propre protecteur, son propre gardien, chargé de la conservation de lui-mêmo. Prévoyanie, la nature le lui découvre; elle lui révèle ies moyens pour ne pas faillir à sa tàche. 3. La.nímal; mobile psycliologique de sou vouloir. Sous cet aspect, c’est avec Tanimal que commence, dans la nature, la vie, et avec elle, la mission de la volonté. C’est dans ce stade inférieur que nous allons recliercher notre première conception de celle-ci, oú, avec elle, apparait pour la première fois son mobile indispensable : le but. L’éponge sèche se remplit d’eau, lanimal altéré boit. Sont-ce des laits identiques? En apparence, oui; en réalité, non.En elíet, 1 éponge ne s’imbibe pas pour sc remplir d’eau. et 1 animal boit pour étanclier sa soif.Cest ranimal lui-même qui nous le dit. Un chien bien dressé ne boit pas lorsque son maitre le lui défend. Pourquoi? A 1’idée qu’il a de Teau, ct qui lui fait comprendre que celle-ci est propre à étanclier efjiciemj. Elle est psijclioloíjiqiie loi squ*!! s’en va dc la volonté : celle-ci agit en vuc d*unc lin, d’uii but iZweck, causd (inalisj. La pierre ue tombe pas pour lomber, mais par.-e (prdle doit tomber, parco que sou soutien lui esL ciilcvé. Ldiomme qui agit, uagit point parce que, mais u(hi quô d’alteiudre icl ou tel but. Cet afín régit aussi iiiéluclablcment raction <le la volonté que le parce que déteniiiiie le mouvemeiit dc la pierre ipii tombe, l ii acle de la voluiilé sans cause íiiiale, csl une impossibilito aussi absuluc que le mouvemeut de Ia pierre sans cause clUcieiilc. ia loi de causalité: psnoliolotjíque dans le pvemier cas, elle est dans Vautre..rappellcrai la premiòro abréger d’abord ; pour inaniuer par aíiii 'rdlc est purcineiit méca)iiqiie loi de (inaliié, pour l’appellation mèmc,eusuite, que la cause linalo est runique raison psychologique de la volonté. Quant à la loi de causuílira pour a loi de causalité salité mécanique, le teriiie la designer dans la suite. Cette loi, dans ce dcniicr sens, peut se traduire ainsi : uul éyjj.ncmub se dans le monde pliysique sans un événement antérieur dans lequel il trouve sãTcãu^. C*est le truisme habituei poínl d'ejfet sans cause. La loi dc linalité dit: pomt de vouloir, ou ce qui revient au môme; point d'action sans but. 2.Rôle de li volontô de Têtre auimè. — Dans la cause, l’objet sur lequel s’opòre Taction reste à 1’état passií; il apparait coinme un point isolé dans Vunivers, soumis cn moment jY la loi do causalité; au coiitrairo, Vôtre qu’un but. met en mouvemeut devicut acüf ; il agit. La cause se rattache au passé.; le but embrasse 1’avenir. Interrogé"suf cc L
V, õ o. NOTION DE DA VIE ANIMADE. LA I.OI DE 1’INADTTK. r.IIAP. I. 4 que les jcunes chiens et les jcunes chats doivent acquériv par des chutes dans les cscaliers, par des brülures. L’aniinal, liii aussi, doit sdnslruirc à sos dcpeiis. Un hfiton pcut toui])cr millc fois, il tombcra encore milleautrcs fois; il n’y a pas d’cxpéricnce pour lui. Prúsentez à un chien, une seule fois, au licu dc pain, une picrrc cn ayant la forme ci. rapparencc, il ii”y revicndra plus s'il a clé trompé. 11 y a donc, pour Taninial, une expérience, c’esl-à-dirc un souvenir de ce qui lui a été ap;réal)le ou désa^réable, utile ou nuisible, et une utilisalion pratique de ses impressions pour Tavenir, en d'autres tennes une fonction de finalitè. 5. Notiou de la vie animale. — A cela se rattache aussi étroiiemont que possible la noiion de la vie animale.Penscr, penser seulement, ce n’est pas encore la vie. Si la pierre pensait, elle n’en resterait pas moins pierre, se bornant à rcfléter les iinages du monde extérieur. Telle la lune qui se réfléclnt dans l’eau. Le savoir Ic plus étendu liii-môme n’est pas encore la vie; un livre qui contiendrait dévoilé le secret de la création cntiòre, s'il aequérait la conscience de lui-mêmc, ne serait jamais quun livre. Pas plus, la sensation n’est pas encore la vie. Si la plante sentait aussi douloureusement que ranimal la blcssure quon lui fait, cllc nc serait pas encore pareille à lui. La vie animale, telle que la nature Ta conçuo et façonnée, est Vuffinnation par Vélre vivant de son existence par ses propres forces (volo, i ct non cof)Uo, ergo sum); la \íq cai radaplntion pratique du monde extérieur aiix (ins de Vexistence propre. Tout ce qui arme Têtrc vivant : sensation, inlelligcncc, mémoire, n’a d'autre sens que de 1’aider dans cette adaptation. L’intelligence ct la sensation seules scraient impuissantes si la mémoire ne s’y ajoutait; c’ost elle qui rassemble et assure dans rexpérience les fruits qu'elles ont produits, pour les faire servir aux buts dc Texistence. La volonté, pas plus que la vie, n’est inséparable de la des coups qu'il recevra s il sa soif, se rnet en regard celle viole Ia défensc. Celtc conception n‘cst pas amenéc par une uniqiiemcnt de lisparatlrc impression sensiblc, ac.tuellc elle provieni Le souvenir tles coups no fail pas ;t la sensation de soif (|ui la mémoire. sécheresse de sou gosier fait ne peut Oire eíTacé i>ar un coiiccpi. coucepl, plus faililc. en la — TTn resulte — un concept ne peut déiriiire qu'un autre Mais si la rcnonciaíiou au plaisir dc boiro est dans ce cas , puisíju*il nnphénomòne psycliologi«íue ct non mecauique concours dc la mémoire, celle jouissancc cllcVanimal y résiste ou non, est un fait psycliolo- . La sécheresse du gosicr est un état physique ; tcl, il n’y excito que parce que il nc pas le boiro commc dépend du môme, que gique. cause rimpiilsion physique ou mécanique se transforme lors ce n’est pas la loi de dans la loi de cn une Dos impulsion psychologiquc. causalité qui il a sa source régit ce fait. soif, il s’cn abstient íiualité. L’animal boil pour apaiscr títre battu; dans Tun el rautre cas, c’est la coni <licte la coiidiiite de ranimal. sa pour nc pas ception d’une chose future qui 4. Influence de rexpérience. rexactiludede ce qui vicntd’Olredit: que l’ou plonge Téponge dans de l’eau ou dans dc 1’acide sulfurique, elle sdmbibera toujours, mêmc si le liquide doit amener sa dissolution; ranimal lappera l’eau et fuira racide sulfurique. Pourquoi? Parce qu’il sent que ce dernier lui est nuisible. L’animal distingue donc ce qui est favorable à son existence de qui peut la compromettre; avant de se résoudrc, il exerce une critique ct il incl à profit rexpérience du passé. rinstinct seul qui détermine raction dc Voici (£Lii démontre ce n’est pas Car ce Tanimal; esxjòce ou individu, 1’animal est réduit a compter Ldiitelligenco dc la hauteur et de la sur rexpérience. Xirofondeur, le coup d ceil xtour apprécier 1 une ct 1 autre, le discernement du degré de chaleiir des aliments et boissons qui leur sera supportable ou nuisible etc,, sont qualités
1 rv ( 7 . STADE IXTEUXE DU PROCESSUS DE LA VOLOXTÉ. 6 LA LOI DE FINALITÉ. GHAP. I. 6. Le vouloir luimain. — En étudiant le voiiloir luimain, iious noas bornons, clans ce cliapitre, à déniontrer ]a loi de liiialiló. Elle SC formule dans cellc rògle : nxú voxúoir mns but. Ncgaüvcmcnl, cclte Ihèsc sigiiiíie que le vouloir, le processus interne de la formalion de la volonlé, est indépendanL de la loi de caiisalilé. Ce n‘est pas la cause, c’est le biií. qui coiislilue le motif determinant du vouloir. Mais la i‘éalisalion de la volonté, sa mauifestation extérieure lombo soiis la loi de causalitô. Nous trouvons là, d’im coté le stade interne do la volonté, d’un aiitre sou stade externe. 7.Stade interne du processus de la volonté:loi de finalité. — Ce stade interne trouve son point initial dans iin acte de la faculté de concevoir. üne imago surgit dans Vàme,la conception d*un état futur possiblo se dessino, qui promet aii sujet une satisfaction plus grande qiic Tétat présent. La raison qui fait naítre cclte image, qui amène cette conception, reside, cn partie, dans le sujet lui-niGme, dans son individualité, son caractèrc, ses priucipos, sa conception de la vie. Elle repose en partie sur des iníluences extérieures. Si le délinquant coinjoit Tidéc du fait coupable, cela provient (Vabord de sa natiire de délinquant; rfime de rhonnete hommc ne concevra jamais parcille idée. 11 en de mômc do la conception daine bonne action cliez riiommc vertucux. Elle est impossible au méchant. La possibilité du prcinier élan vers dition 1’individualité mOme du sujet; en elle git la raison derniòre de ce mouvement vers le fait. Les iníluences extérieures au contrairc ne font que pousser au fait, elles va le fait a donc pour conconscience de soi. Que l’on saisisse bien la corrélation intime qui existe entre elles, et Topinion qui dénio au vouloir de Tanimal le nom de volonté, à causo de rabscnce de conscience de soi, ct qui revendique cc nom excliisivcment pour le vouloir huinain, au licu do roposer sur une idée profonde, est au contrairc toute superíiciellc cl élroite. Les traits caractéristiques de Ia volonté humainc, à Tcxception de la conscience de soi, laquclle, meme chez riiomnic, peut etre dêlinxtivement ou momentanémcnt oblitérée ou faire défaut,se révèlent aussi chez ranimal. Nous cn fotirnirons la prouve plus tard. Méme la memoire de ranimal, qui est supposée résider dans son vouloir, est inliiiimcnt plus intelligente qu*clle ne parait à prcmière viie. II est aisé de dire que 1’action de ranimal est déterminéc la conception d’un événement futur; mais que do choses, cependant, dans ces mots. La conception d’unc chosc future, c’est rintuition d’un futur coutingent. L’animal, puisquil compare le futur avec la situation actuelle, capacité do discerner ixratiquement la catégorie du réel et celle du possible. II distingue égalementle but ct le et les met en oeuvre. Si son intelligence n’embrassait ces idées, le vouloir, clicz lui, ne se concovrait pas. .Te suis si éloigné, pour ma part, du dédain pour le vouloir de 1’animal que je le tiens au contraire en haute estime J’essaierai méme d’y puiser, dans Io chapitre suivant le schème do la íinalité en général. par atteste sa moyen, pas Les considérations qui précèdent ont montré que le but est la conception d’un événement futur que la volonté tend à réaliser. Cette notion du but est loin d’cn comprendre 1'essence entière. Elle doit toutefois nous suíTirc sont la cause occasiomiclle. Elles niarqucnt le point ofi la loi de causalitô peut peser sur la formatiou do la volonté, mais indiquent, en méme temps, la limite de cette pression. En eífet, comme nous 1’avons exposé plus liaut (p. 5), au de la volonté animale, ces iníluences en sujet du processus pour le momeiit, jusqu’à ce que, avançant dans nos recherches, nous soyons à même de la remplacer par une notion plus pleinoment complète. Nous allons comme de Vx du mathéraaticieii, c’est-à-dirc comme d’une quantité inconuue. nous en servir extérieures sont sans pouvoir direct sur la volonté. Elles
8. LE BUT. SA NÉGESSITÉ. 9 8 CHAr. I. LA LOI DE FINALITE. celui qu’il procliiit après son accomplisseinent. Celui qin boit de 1’eau par soif, ou fait un voyage d’aílaires, vise ce qui existera pour lui après ringurgitation, après le voyage lait; celui qui boit du vin pour Ic plaisir, ou qui fait un voyage d’agrèment, poursuit ce qu’il y a pour lui dans Tacte môme. Lc but pout embrasser à la fois riui ct Tautre objet; inutile d’insister sur ce point. De quelque manière que le but se rattache à 1’action, et dc quelque nature qu'il soit, Tacte ne peut se concevoir sans but. Agir, termes éqiuvalents. Un acte sans but aucun ne peut exister, pas plus que ne peut exister un eíTet sans cause. Ici nous touebons au point que nous nous sommes proposé de prouver, ii savoir : rcxistence de la loi de íinalité. Loi, elle ne le sera que si sa rêalisation est absolument nécessaire, s*il esL impossible de s’en écarter, si Ton n’y conçoit pas môme la possibilite d’une exception. Faute de tout cela nous nous trouverions en présence d’une règle et non plus d’une loi. A-t-elle réellement droit à ce nom? Tout bien considere, on n’y pourrait faire que deux objections. Oii n’agit pas seulement dans un but; une raison peut aussi pousser à raccomplissenient d’un acte; par exemple on peut agir sous Tempire de la contrainte, ou parce que le devoir ou laloi de TÉtat rordonnent. Premiòre objection. Seconde objection : il est des actes complòtement inconscients, déiDourvus de toute intention, par exemple les faits et gestes du fou, ou les actes si bien passés en habitude que plus aucune pensée n’y preside. La première objection parait sans réplique. Pour lui dénier toute base de vérité, il faudrait admettre que, pour indiquer le motif d’une acüon, on ne pütjamais Vexprimer pdiV \q m.oi parce que (quia), qui marque la raison, mais que toujours s’iinposeraient les expressions pour, afin qm (ití), qui marquent le but. Or, 1‘usage linguistique de tous les peuples adopte les deux mots concurremment. et agir dans un but, sont n’acquièrent de puissance que lorsqu’elles se transforment en motifs psychologiques, et leur pouvoir à cet ógarddcpend de la sommc de résistance qu’elles rcnconlrent dans le sujet lui-même. Cette conception d’une chose future se distingue des autres concepts en ce qu’cllc est de iiature pratique. Kllc incite au fait, c’est un projet du fait présenlé à la volonte par rintelligence et le désir. L’adoption dc co projet dôpcnd de la force des raisons qui le comliattent ou rapprouvent. Sans cette prépondérance du i)Our ou du contre, la volonté restera sans mouvement, comme la balance lorsqiio les poids des deux platcaux sont égaux. G’cst Tànc de Buridan placé entre deux picotins dc foin. La résolution prouve qu’au jugement du sujet il y a cu prépondérance. 8. Le but. Sa nécessité. La satisfaclion espérée par celui qui veut est le but de son vouloir. Jamais Taction elle-même n’est un but, elle n’est qu’un moyende ratteindre. Celui qui boit veut bien boire, mais il ne veut boirc que pour le résultat qu’il en attend. En d'autres termes, dans chaque action nous voulons non cette action môme, mais seulement son elfet pour nous. Cela revient à dire, que dans toute action, c’est uniquement le but de celle-ci que nous poursuivons. On m’objectera que dans Texemple ci-dessus, Targument n'est exact que si Ton boit poussé par la soif alors en efíet il ne s’agit pas de boirc mais seulement d’étanclier la soif qu’il ne Test plus lorsqu’on boit pour le plaisir de boire, car dans ce cas le fait de boirc constitue le but et cesse d’être un moyen. Mais lorsquc le fait de boirc ne nous procure aucun plaisir, par exemple parce que le vin est gâtê ou insipide, nous nous en abstenons. Que Taction elle-même puisse être un but, il n’y a là qu’une illusion. Elle provient uniquement de ce que le but peut se rattacher fait d’une double manière. II peut être dirigé vers reíl‘et produitparle fait pendant Tacte de sa rêalisation, ou vers au
V 10 9. GONTRAINTE PHYSIQUE OU PSYCIIOLOGIQUE. 11 GHAP. 1. LA LOr DE riXAÍ.TTi:. des menaces du brigand, la victime livre sa monfi-e et sabourse, dans ce cas la victime agit, bien que contrainte (contrainte psiiciwlogique). A-t-elle une raison pour agir, ou un but? Sans doutc aucun, son aclion a un but. L’homme donne sa bourse et sa montre pour sauver sa vie; sa vie lui est pliis chòre que son bien, il sacriiie le inoins pour sauver ce que lui vaut le plus. Possiblc que sa faiblesse fasse honle à son lionncur, et qu’il reprenne la lutte avec son voleiir. Eiicore dans ce cas a-t-il un but II y a ici un acte dc volonté, au vrai sens du mot, et en vue. non Yoyons ce qui en est en réalité dc cc pnvcc que. Cbncun comprend sans difficulíé ce que veut dire: jo bois pai'co que j’ai soif. Mais si l’on disait : ])arcc qudl a plii liicr. In cliosc deviendrait inintclligil)lc. Poimpioi? c'est qu’on n'ai)on:oit aucune rclation enfre ce parce que et Ic fait de boiro. Lc parce que n’établit pavcille rclation f[uc lors(íu'il couvi’c un afin que. La raison d’un acte, c’cst lc Imt dc cei aclc auírement exprime; là oii le bul nrnufuc, il n'y a pas aclion, il y a évcnement. « II s’(3Sl prccipité dc la (uiir, parco ([u'il voulait se tuer » : — ici lc parce que miisfpie lc afln que; dans cettc phrase au contrairc: « 11 a perdu la vio parco (pidl est tombo du liaut do la lour lc parce que conservo sou véritable caractère. Dans Io prcmicr cas, il y a uno action, dans lo sccond, un évcnement. Mais pourqiioi \c parce que mis à la placc do afin que? la simplc apparcnce extcricure d’un acte volontairei Avec lour inteiligencc pénétrantc(l), Ics juristes romains s’en sont bien rendu comptc. Et il est étrange que cette vérité soit restée lettre morte pour cerlains juristes modernes. Car, si quelqudm doit voir clair dans cc cas, c’cst lo juriste; s’il est digne dc ce nom, son inlelligence pratique doit lui faire discerner à quelles conséquences on aboutirait si, dans lc cas de contrainte,on voulait contestor Vexistence de la volonté. Toute liberto viendrait dono à disparaitre chez quiconque còderait à des influences extérieures. Pas libre le geôlier qui, apitoyé par Ics larmes des parents, laisse fuir le criminel condamné à mort! Pas libre, le caissier qui vole sa caisse pour doniier du pain à ses enfants I Oii donc trouver la limite? Si riiommc qui se noie, et promet sa lortune en retour de la percho qu’on lui tend, peut quercller sa promesse,sous pretexte qu’elle ne lui a été arrachée que sous la pression du dangor qu’il courait, serait-il pas de môme du voyageur obligé, à Tétranger, de payer plus que l’indigòne, et plus qu’il ne paierait dans son propre pays? La casuisliqiie forge aisément toute une ebaine de cas pareils, et il peut devenir bien diíTicile de discerner pourquoi n’en Nousnous servons siirtout de cettc i)rcmiòrc ex])i'ossion lorsquo celui qui a fait Tacto no possódait pas, cn lc tnisant, la pleine liberto dc sa resolution, mais a agi sousTcmpiro d’une néccssitú quelconquc, i)liysiquc ou juridique, moi’alc sociale. Lorsqudl iTcn est pas ainsi. nous rapporlons simplement le fait, lorsquo son but aj)paraít clairomenl; ou ou bien, si des buts diílorcnts peuvcnt se Tesprit, nous indiquons aussi le but qui a motivo le fait. Personnc ne dira : il a fait des cadcaux de Nool à sos pi‘éscnter à enfants pour leur causer de la joic, il a achetó uno maison pour s’y loger. Mais cclui qui a achetó uno maison pour la démolir, pour la louer, pour la revendre, exprimera le but de son acquisition lorsquil voudra motiver sa résolution. Reste à voir si notre aíTirmation soutient Tópreuve de Texamen. 9. Contrainte pliysique ou psychologique. — Envisageons d’abord le cas de la contrainte physique. Qu’im brigand arrache violemment à sa victime sa montre et sa bourse, le brigand agit, la victime, non. Mais lorsque, sous le coup (1)En deux mots.Paul frappo juste, dans la L. 21 § 5quod met.(4.21 coactus voLiji=j’ai voulu sons Tempu^e dc la conlraliUe.
12 13 11. BUT DES ACTES IXCONSCIENTS. CHAP. I. LA LOI DE riXALITi:. le point oú cesse la contrainte et oü la liberte conimcnce. En bien des cas de ce genre, la loi peiit refuser au fait son efficacité jiiridique dans le cas oíi la contrainte dépassait la nicsiire ordinairc de la force de résistance de rhomme(metus non vani hominis, sed qui mérito el in hominem conslanlissimiim cadat, I,. (5 ([uod metus 4. 2); mais cette circonstance importe peii poiir la question de savoir s’il y a lieu <radmettrc un acte de volonté, cette question là n’est pas du for de la loi(2)^ elle releve de la psychologie. La loi declare nulles les convontions immorales; qui s’est jamais avisé de leur rcfiiser le caractère d’actes de volonté? L’Etat aussi nous contraint par ses lois; cessons-nous donc d’ôtre libres parce que nous les observons? 10.Contraintejuridique;— morale.—Koustouebons ici 4 un rapport dans lequel la raison d’un acte scmble êgalenient en exclure le but.Le débiteur paie sa dette.Pourqiioi?Parcc qu’il doit,serala prcmiòrc réponsequi se présentera.Mais ici encorc le parce que n’est qu'un afin que déguisó : le débiteur paie pour se libérer. S’il peut obtenir cette libération par un autre moyen ou si les circonstances sont telles que juridiquement Tacte exlérieur du paiement n’atteigne pas ce but, il ne paiera pas. Celui qui place dans le fardeau de la deite la raison determinante du paiement peut avec autant de raison dire que le prisonnier qui s’enfuit,lc fait pour se dél)arrasser de ses chaines. Si le prisonnier n’avait pas ressenti le désir d’être libre, il n’aurait pas profité deToccasion qui s'offrait dejeter ses liens.De même pour la dette. Celui qui n'en a cure ne paie pas, et celui qui paie ne le fait point à cause le droit romain Ta fait par exemple de la dette, fait qui gít dans le passé, mais pour un futur coutingent, dans un but précis : pour rester honnête liomme, pour ne pas ébranler sou créd it, ternir sa réputation, pour éviter un procès. Plus loin, au cbapitre du but dans les actes habitueis, nous verrons que lors des paiemeuts que nous faisons, nous 11’avons pas toujours conscience des buts spéciaux de ropération. La j)lupart des hommes obéissent aux lois par pure habitude, sans y réfléchir autrement. Ce n’est que lorsque survient une tentation deles transgresser quapparait le pourquoi, le but de leur soumission. 11 en est de robscrvatioii des devoirs moraux comme du respect des obligations juridiques. Si je fais raumône,je donne niou obole, non rhomme est pauvre, mais pnur assister en ce qui me concerne un afíligé; le parce que nest qu’un pour déguisó. Contre ce raisonnement qui se resume à dire que toute raison d‘une action peut ètre transformée en but de cette action, on pourrait objecter i[ue le contraire est possible au mêine titre. Âu lieu de dire:j’aGhête une maison pour m’y loger, il suflirait de s’exprimer ainsi; parce que j*cn ai besoin pour m’y loger. Si mon argumeut ne portait que sur la possi bilite d’ime manière autre de parler, Tobjection serait fondée. Mais ma démonstratiqn ne tend pas à établir que, dans le langage usuel, toute raison d’agir peut être présentée comme but, je dis que dans la réalité des choses, la raison d'agir c’est le but. Dans 1'expression, avoir besoin : le but linguistiquement déguisé, apparait de nouveau. II en est ainsi dans tons les cas. 11. But des actes inconscients.— La deuxième objection soulevée contre la nécessité absolue d’un but attaché à toutes actions, nécessité que je proclame (p. 9), consiste à dire acte peut être accompli sans que Tauteur en ait qu’un (â") Gomine le dit Gaius III. 194: neque enim lex facere pnlesl, ui qui manifestuü fur non sit, manifestus sií, non magia, quam qiii omninofur non sit, (ur sil etqui aditUer aul homicida non sit, aduller aul homicida sit. Atilliid sane lex facere polesí, uí perinde aliquis pcena tenealur aíqui si furlum vel adulierium vel homicidium admisissel, quamvis nihil eorum admiserit. conscience, sans qu’il ait Vintentionde le faire. La réfutation a devaiicé la proposition. Nous avons démontré plus baut. L
14 13. LA VOLONTÊ INDÉPENDANTR DE LA LOl DE CAUSALITÉ. 15 LA LOI DE FINALITÉ. CHAP. I. 12. Stade externe du processus de la volonté: loi de causilité. la résoliilion ; la volonté ne délibère plii5» riiTésolation a cessé, el â ce deniicr état se raltache Vexôcution de la décision prise, le fait. Par le fnil, la volonté fait irruption dans le domaine dii monde cxtérieur, eí se placc sous Vempire de seslois. A la loi de íinalité, se sii])stituc désormais pour elle la loi de causalité. Non sculement elle ne peut abolir cette loi, mais elle a besoin de son conconr.s pour se réaliser elle-méme. Gelui qui se precipite pour se tuer, soumet VaccompliíiSement de sa résolution à la loi de la pesanteur. tSTy eúl-il qu’im inot â prononcer, le oui diiüancé à Tautel, le fiitur époux compte ijue los vibrations de Tair porteront le sou de sa voix à roreille du prôtre. Tout acte quelconque, un inot, exige le concours des lois de la nature. Aussi Le travail interne de l’acte a pour conclusion en cn parlant de TanimaUp.6), que pour le voiiIoir,et par conséquent pour le but, la conscieiice de soi u’cst pas nécessaire. Le fou non plus n’agit pas sans l)ut, si Ton peut appeler agir raccoinplissement des íaits et gestos auxquels il se livre. Ses actes se distingucnt de ceux de riioiiime sagc, non par rabsence du but, mais par rélrangcté de celui-ci, par son anomalie. J’oserais dire que là précisément, ci)ez lui, au regard de Tanimal, se révòlc le dernier vestige de son humanité: il se crée des buts étrangers coinplètenient à la pure vie animale et que, par cela mémo, la bôte ne saiirait concevoir. Chez le fou, caricature de rhommc, on reconnaít encore rhommc. A l’acte habituei, qu”on accomplit sans y songer, s’aítache égalementun but. Pareil acte est, dans la vie de Tindividu, ce que sont les moeurs, le droit coutuinicr, dans Ia vie des peuples ã 1’origine. Chez lui comme cliez eux, c’est un but plus ou moins clairement conçu qui a donné lieu à l’action. Mais la répétition frequente du mème acte, accompli dans les mêmes circonstances, dans un but toujours identique si bien enchevétré le but et Tacte, que le but a cessé pour la conscience d’etre un clément perceptible du de la volonté. , a processus la condition du succès de toute action est-ellc dans la connaissance et 1'application cxactes de ces lois (naturoi non imperotiir nísi parenão). Lorsque la baile tombe en avant du but, il y a preuvo que le tireur a oinployé moins de poudre ne rexigeait la nature. Dans toute action. la nature est servante iklòle, pour accoinplir, sans que là, à cüté de nous, refus, tous nos ordres, à la condition que ceux-ci soient Je termine ici mon exposé de la loi de finalité, et je conclus: Vouloir, et vouloir dans un but donné, sont ter équivalents; il n’y a pas daclions qui ne tendent à un but. Si néanmoins Ia langue parle d’actes sans but, elle exprime non pas Tabsence d’un but en général, mais le défaut d'un but raisonnable. Les faits de cruauté envers les animaux sont un exemple. Objectivement, aucun but ne s’y rattache, n étant comraandés par aucune des lins de la vie; subjectivement,le but existe, le bourreau des betes repaitre de leurs souürances. A 1’acte entendre dans le sens de Terreur mes en a pour but de se sans but, qu’il faut exactement donnés. 13. La volonté indépendante de la loi de causalité. — En apparcuce; cette action extérieure de la volonté est souinise aux môines lois que les autres événemeiits de la nature. Que la pierre tombe du toit ou que riiomme la lance, que ce soit la parole ou le tonnerre qui fasso vibrer les ondes sonores de 1’air, peu importe, en apparence, au point de vue do la nature. En réalité, ces phéiiomèiies sont absolument diíierents. La pierre tombe, le tonnerre gronde par Tactiou de la nature mémo, obéissant à des causes autérieures; au contraire,la nature est étrangère au jet de la pierre, à Témission de la voix. 11 y a là uno force qui intervient dans son , commise sur le but, s oppose Pacte contraire au but, qui se méprend dans le choix des moyens.
16 LA LOI DE FIXALITK. CHAP. I. 13. LA VOLONTÉ IXDÉPENDANTE DE LA LOI DE CAUSALITK. 17 domaine, et siir Iaquelle elle est sans action : la volonté humaine. La volonté humaine marque la limite de Tempire de la nature; ou ollc apparaít cet empire cesse. L’ondiilalion indéfinie des causes cl des círcis, dans Ic monde pliysique, s’arréte devant la volonté humaine; celle-ci érhappe à la loi de causalité, seule la loi dc linalitó la réí,dl. Vis-à-vis do la nature, la volonté conserve sa Jiherté; elle irest pas soumise aux lois de la nature, mais â sa propre loi. Mais si la nature n’a pas de pouvoir siir Ia volonté, celle-ci cominandc àla nature, qui doit lui ohéir un principe de causalité pour le monde extérieur. La volonté loule volonté humaine est est nul, ou ce qui revient au inéine, que ia volonté est soumise à la loi de linalité. noii pas à cello de causalité. La volonté est donc image — la vóritable forco créatricc (c’ost-à-diro se procréant ellc-mêmc)du monde. Lc mobile dc ceite force, c’est le biit. Tj’homine, riiunianiic,rhistoire, sont contenus dans lc but.Dans les particules quia et lU se rcílòtc Vopposition dc deux mondes: la nature ct riiomme. Ut donne Punivers enlier en apanage íi rhomine, car il lui donne la possibilite de rapporter tout lc monde extérieur aux üns do sou moi: et à ce rapport. ni lc moi, ui le monde extérieur nc moilent dcbonics. Comme la Genòse mosaíque le lui fait proclaincr lui-mOme, Dieu a donné dans Vut, la domination sur tout runivers (Genes., 1. ‘^6. 28). cn Dieu, ct cn rhomme. son apparait ainsi comme la lin et le commencement du mouvement dc causalité dans la nature la volonté, c’est le pouvoir du moi sur le monde extérieur. Qu’on 11’entende pas cependant par cette indépendance, par cette liberté externe dc la volonté, qíPcllc puisse se retrancher en elle-mcme comme dans une forteresse qui la protege contre toute attaque extéricure. Le monde extérieur connait la retraite, et s'y ruc souvent de foi’ce: la nature, par la faim et la soif, 1’homme, par la menace et la violence. Mais si la volonté clle-mGme ne lui livre accès, Tassaillant demeure dehors, et si une ferrae volonté garde la citadellc, le monde entier en tentera ment Tassaut. L'homme s’est employé par mille horreurs et mille maux à faire plier la volonté : la forco morale de la conviction, rhéroísme du devoir, de 1 de la foi religieuse, du patriotisme, les ont tous bravos. Ils sont million les témoins sanglants qui attestent la force inflexible de la volonté. Si plus nombreux encorc sont ceux qui déposent de la faiblessc de la volonté humaine, ils ne renversent pas cependant notre aíTirmation. Nous soutenons pas que nulles influences extérieures ne puissent agir indirectement (par pression psychologique p. 11)sur la volonté; nous disons que leur pouvoir direct (inécanique) vaineamour. 11 e
●19 '14. MÊCANIS.ME DU VOULOIR AXIMAL. vitales, inclispensables poiir la conservatioii do son existence. Ce sont cependant dcux faits cssenticllomcnt dilYércnts. La respiratioii est involontairo : cllc a liou incmc pcndantle sommeil. Boire csl uii fait volontaire: dans rêtat de sommeil, il ne peut avoir lien. Laiiature elle-même s’est réservé cctte prcmière fonction, que gouverne cxclusivement la loi de causalité; elle a dévolii raceomplissement do Tautre â Tanimal: celle-ci s’executo à Vaide d’un acte de volonté, clle est soumise à la loi de linalité. En cxcilant la soif, la nature révòlo au chien le charme de Ijoire: mais si impêrieux quil soii, une force supérieure peut Ic vaincre: un chien hien dressé ne hoit pas sans la perinission de son maitre. Gela rovient à dire : ranimal boit spontanément. La spoutanéilé est donc le premier élémení du fait de boirc. Si 1'on demande pourquoi ranimal boit, la premièro réponse qui viendra à Tesprit sera qu’il boit parce qu’il a soif. Mais nous avons déjà constate rinexaclitude de cette réponse (p. 8). Si le boirc comporte un véritable acte de volonté de la part de ranimal, de par la loi de linalité établie au chapitre précédent, il ne boira pas parce que, mais seulement ajin que. Faudra-t-il donc dire que 1’aiiimal boit dans un but de conservation propre? Gela est à la fois vrai ct fau.x. La chose est vraie si on se placo au point de vue du buí de la nature. En créant rorganisme animal, la nature a fait du boire un élément indispensable au but de la conservation de l'existence. Mais ce but de la nature n’est pas celui que 1'animal SC propose, L’accouplement des aniinaux est également indispensable pour la réalisation du but de la nature, mais 1’animal qui s*y livre n’a pas pour but la conservation de son espèce; il suit simpleinent 1’iinpulsion qui le pousse il veut apaiser un malaise qui le tourmente. Dans les deux cas, quand il boit et quand il s’accouple, ranimal obéit au but do la nature, mais il ne lui obéit qu’en se satisfaisant luiGHAPrmE II. LA NOTION DE FINALITÉ CHEZ lAANIMAL, COMME 1^01 XT DE DÉPART DU PROBLÈME DE LA FIXALITE CHEZ LdiUMME. Nous avons aboiiti 14. Mécanisme du vouloir animal, à cette conclusion qu’il n’y a point de vouloir sans buI; mais nous ignorons encore ce que c’cst que le but. Nous nous sommes contentes provisoirement de dire que c’est la conception d‘un événcment futur que la volonté tend à réaliser. Mais cette déíinition est incomplète. Elle en appelle une autre plus exacte. Les termes dans lesquels nous poscrons la question en simpliíieront ou en compliqueront la solution. Nous pouvons aller à la recherche du but là oü il s’épanouit en pleine floraison: au inilieu du déploiement du grand dramo de la vie, dans la cohue désordonnée des aspirations humaines : mais, insaisissable Protée, à la forme toujours changeante, il risque de nous y échapper. II est une autre placo oii nous pouvons le trouver, et ou la simplicité de son aspect nous le fera discerner sans crainte d’eiTcur i c‘est lors de sa première apparition sur la scène de la création, dans la phase élémentaire de la vie animale. G’est donc là que nous allons essayer de le reconnaítrc. Si nous demandons à ranimal ce que c’est que le but, il est un acte dans sa vie qui nous fournira la réponse ; c’est le boire. Analysons les éléments de cet acte. L’animal boit, 1’animal respire : ce sont là des fonctions
V 21 14. MÉCAXISME DU TOCLOIU AXIMAL. 20 FINALITÉ CIIEZ L ANIMAL. CHAP. II. La rclation de íinalité ménafre la transition entre la raison même. Les deux buts coíricideiit: le but gúiióral de la naliirc et le but individuol de raniiual (chap. 3;. Au point de vue de raiiiirial, le boire n’a donc pas pour but sa conservation pcrsoiinellc, ei il csl íaiix de considérer ce moüf do conservation coinine le mobile de raninial. Au même titre pouri‘ait-on allinner le mobile de la conservalion de respòce. T/aiiimal ne se connait pas, il se seni scnlemenl; il ne peut coriccvoir Tidôe de préserver son moi dont il ne pcut appréciei’ le 2>i’ix. Le sLimuIant mi<s cn (ouvro [>ar la nalure pour assurer praíiqnement celle préscrvation do soi est tout autro. II consisle dans la seusation du plaisir cl de ladouleiir. Invilé par la nature à accoiuplir lel acte,ranimal éprouve un rnalaise qui n’eslauLj‘0 chose (|ue Tonlre d’obéir à la loi naturelle. Le bieii-eire qii'il eproiive est la recom pense de son obéissauce. Ge J)ien-ètre est Tappi-obation donnée par la nature à roírc vivanL qui s’est conroriuó à sa loi; le rnalaise, la douleur, la peine, sont Jes cbàtimcnLs dc sa résistance. de la volonté et le but. Le rnalaise qu’éprouve 1’animal (la raison de Timpulsion iinpriméo à sa volonté), éveille en lui Ic désir dc mettre liii â cet ótat (c’cst la preinière manifestation du bu(). 11 reconnaít dans Tean le moyen d’attoindro cc but (relation de iinalilé): et ainsi le vouloir. jusqnà ce moincnt indécis, acquiert une directioii détcrminée. L'état inlériour du siijot, dans cotte pliaso du processus de la volonté, s'appclle le sentimímt de dependance. Quaiiíl 1'animal a bii. le but est aíteint, le rapport de dépciidanco ou U s*ost trouvé vis A-vis de renu cesse. Non sculemeut il cesse, mais un rapport coutraire s‘élablit. Jusqudi cc moment Tcau avait pouvoir sur ranimal, elle le détorminait; c’cst elle maiutenant qiii est au pouvoir de ranimal, elle est devenue la chose voulue par lui, la chose à son serviço, c’esl-à-dire im mofien d‘atteindrc son but. La iiotion de moyen emporte donc une idéc de dépcndancc du sujei: par rapport à un but détorminé. L’cxamcn dcrévoluiion do la volonté chez ranimal, avec eu i^lus les éléments du fait extérieur, expliques ci-dessus (p. 15), nous cn a fourni les caracteres cssentiols que nous pouvons formulcr do Ia manière suivante: (1) cessation (2) d'un rapport dc dépcndance immanent au siijet. (3)par sos forces propres,(4) au moyen d'une actioii sur le dehors. Si Ic troisiòme et le qiiatriòme élément dc cette formule (détermination propro et fait extérieur) sont sans intérôt ultérieur au point de vue do la comparalson du développeniont dc la volonté chozI hommc et chez ranimal,les dcux La conservation personnclle n’est donc pas le but <{ue poursuit ranimal qui boil; son but est de mettre lii rnalaise qu’il éprouve. Ldiripulsion (jui l’y pousse est au dedans de lui-môme, elle ne lui vient pas du dehors. Nous I au rencontrons ainsi le second élément du fait de boire : raison du but, immanentc au sujeC lui-méme, la nécess la ité interne de se le proposer. L animal va vers l’eau; il sait d’expérience que Teaii est propre à étancher sa soif. L*attrait qui ramène â reau établit entre celle-ci et lui rapport pratique qui constitue le promiers n'on ont qunne importance plus grande. II semble s'en dégager cette règle: la raison et le but de la volonté ont leur siège dans 1’animal mCme;la volonté ]>art de ranimal et retonrne à lui, cn d'a.utres termes: ranimal agit exclusivement ponr lui-môme. Cette rògle ost-elle vraie ? Elle a sa source dans un fait troisiòme élément du processas de la volonté ; la relation de (inalite. Cette relation, chez 1’animal, so manifeste sous la forme du sentiinent de sa propre <lépendance vis-à-vis de ieau. Nous 1'etrouvcrons oe môine élément chez riioinme (chap. 12). II s’appellera alors l'intérôt ; compte que tclle ou telle chose constituo son existence* riiommo SC rend uuG condition de
1 ■2*2 CHAP. II. FINALITH CIIEZ L ANIMAL. oii clle se vêrifie, mais il cst iVautres faits rio la vic animale qiii Ia contredisent. L'animal iiounit el protege scs petits, parfois mèine il exposo sa vie pour eiix. Uanimal n’agit (lonc pas seulement pour lui-mcinc, mais aussi pour d’auíres. Notre formule de Taction pour soi et de la coiiscrvation persomielle voulue par la naliire, ii’a doiic pas éj)uisé Taiuilyse de Te-ssence et de la fonclion de la volonté animale telle qu elle apparalt dans le piau de la iiature. Nous nous eu tiendrons cependant d'abord à cetíe formule, dans rexamen que nous ferons de la volonté liumaino, alin de constater jusqu'à qued point elle donne la conception dc Taction chez 1‘hommc. Chez rhomme, la volonté dirigéc cxclusivcmcnt le moi, s’appelle régoísme. Les explicalions (chap. 3-8; décriront le ròlc dc rógoisme dans riiumauilé, ses résulíats, ses défaillances. Lorsque jious coiinaitrous tout son pouvoir, la tliéorie de la rnoralité (diap. 0) Vl‘l’S suivaules nous CHAPITRE iri. L’ÉGOÍSME AU SERVICE DES BUTS D’AÜTRUI. Sommaire : 15. Ooincidence des buts. — 16. L’égoisme au Service de la nature. — 17. L^égoisme au Service du commerce juridique. — 18. Buts uou orgauisés. — La Science. — 19. Les partis politiques. — 20. Buts organisés. — 21. L’État et le droit. 15. Coincideiice des buts. Gomment, av^ec régoísme, le monde pciit-il encore exister? Car régoísme ne veut rien que pour lui-mômc? C ost que le monde le prend à son Service et lui paic Ic salairc qu il reclame. II 1’intéresse à ses lias, et désormais il est assuré de son coucours. fournira un pln-nomènc iucxplicalile en apparence, au point dc vue de régoísme ; Tacto accompli pour aiiirui. yf Tcl est dans sa simplicité le moyen par lequel la nature, aussi bien que l’humanité et riiomme isolé, asservisseiit régoísme aux buts qu’ils poursuivciit. Ldiumanité doit exister : c'est le voeu de la nature. pour que ce voeu se traduise en fait, l’homme à qui elle a doniiélavic doit la conservei- ct la domier à son tour. Les conditions nécessaires pour qiTelle atteigne scs fins sont donc : líi conservation de soi-même, et la propagation de rindividu isolé. Elle les réalise en y intéressant 1’égoísme; par 1’appât du plaisir, si l’homme obéit, par la menace de la douleur, s'il transgresse ou néglige ses lois. Si bune et 1’autre perspective viennent, par exception, à manquer leur effet, rirapuissance de la nature éclate. Si la somme du mal pbysique ou moral que la vie apporte dépasse la somme de ses joies ou de ses jouissances, elle cesse d’être un bien
www.aasp.org.brRkJQdWJsaXNoZXIy MTk2NTU1OA==